© INTERNEDeux hommes ont été mis en examen jeudi à Paris pour l'assassinat en 2001 de Jean-Pierre Martelli, un proche des leaders nationalistes Jean-Michel Rossi et François Santoni, tués respectivement en 2000 et 2001. Jean-Baptiste Albertini et Laurent Policardi, mis en examen par le juge antiterroriste Gilbert Thiel pour assassinat, infraction à la législation sur les armes et association de malfaiteurs, le tout en relation avec une entreprise terroriste, avaient été interpellés lundi avec six autres personnes. Ces derniers ont été relâchés sans poursuite jeudi dans la journée. Le parquet a requis un mandat de dépôt à l'encontre d'Albertini et Policardi. Ils devaient être présentés jeudi soir au juge des libertés et de la détention (JLD), chargé de statuer sur leur placement en détention ou non.
Les enquêteurs avaient relevé sur les lieux de l'assassinat de Martelli des étuis du fusils de chasse utilisés pour l'abattre. En outre, la présence de l'un des deux suspects sur les lieux à l'Ile-Rousse (Haute-Corse) a pu être établie, l'homme ayant été impliqué dans un accident de la circulation peu après les faits.
Série d'assassinats dans les milieux nationalistes
Le meurtre, de plusieurs décharges de fusils de chasse, de Jean-Pierre Martelli, le 13 décembre 2001 à l'Ile-Rousse, venait clore une série de six assassinats survenus à l'automne et l'hiver 2001, après celui de Santoni le 17 août 2001. Cette exécution, selon les enquêteurs, décimait quasiment les rangs d'Armata Corsa, mouvement nationaliste clandestin concurrent, voire ennemi, de l'ancien FLNC-Canal historique, et dont Jean-Michel Rossi et François Santoni étaient soupçonnés d'être les co-fondateurs. Martelli, 51 ans, avait été abattu par deux ou trois hommes alors qu'il venait d'assister aux obsèques de Jacques Navarra, également proche de Santoni et Rossi, exécuté après avoir été enlevé chez lui par de faux policiers. Martelli, qui avait été mis en examen dans le cadre d'une enquête sur Armata Corsa, était aussi le co-gérant du bar La Piscine, à l'Ile-Rousse, à la terrasse duquel Jean-Michel Rossi avait été exécuté par un commando le 7 août 2000.
Plusieurs hypothèses avaient été évoquées après cette série de meurtres, notamment celles de l'élimination par un ou des mouvements rivaux des militants liés à Rossi et Santoni, ou celle de meurtres crapuleux. Les juges antiterroristes n'écartaient pas non plus l'éventualité d'une passerelle entre nationalisme et banditisme. Parmi les autres assassinats survenus fin 2001, celui du nationaliste Nicolas Montigny à Bastia en septembre, notamment, a conduit à la mise en examen en juillet 2004 par le juge Thiel de quatre suspects, Daniel Vittini, Joseph-Antoine Demasi, Paul Alerini et François-Marie Mariani dit "Francis".
Photo d'ouverture : Jean-Pierre Martelli - archives
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