Emmanuelli veut "construire la prospérité" en Europe

le 24 mai 2005 à 17h59 , mis à jour le 24 mai 2005 à 18h48

Le député des Landes, chef de file du "non de gauche" à la Constitution européenne, a proposé, mardi à Paris, un "plan d'intégration européenne" de 250 milliards d'euros sur cinq ans pour favoriser l'arrivée des nouveaux pays entrants.

Henri Emmanuelli François Hollande PS

Henri Emmanuelli a achevé son "tour de France des délocalisations". Entouré de plusieurs représentants syndicaux (Sediver, Arkema, Nestlé, Lu-Danone, Kardant-Lamort, etc.) d'entreprises ayant récemment annoncé le transfert de leur production hors de France, le député des Landes a proposé un "plan d'intégration européenne" de 250 milliards d'euros sur cinq ans pour "construire la prospérité" sur le Vieux continent.

"Au lieu de lâcher les salariés les uns contre les autres, au lieu d'organiser le dumping fiscal et social" comme le fait, selon lui, le traité constitutionnel européen soumis à référendum dimanche, "proposons un plan d'intégration européenne pour tirer tout le monde vers le haut!", a déclaré M. Emmanuelli qui a suggéré un financement "par emprunt, par déficit ou par l'impôt" d'un montant de "50 milliards d'euros par an pendant cinq ans, soit 110 euros par tête d'habitant ou encore 9,2 euros par habitant et par mois".

La "campagne laide" des partisans du 'oui'

Ce plan serait "consacré prioritairement aux nouveaux pays" de l'UE, les dix qui ont rejoint l'Union en 2004, pour qu'ils développent leurs infrastructures et la recherche, et aurait "pour contrepartie négociée un minimum d'harmonisation fiscale et sociale", a-t-il précisé.

Le député des Landes a critiqué "la campagne laide" des partisans, y compris socialistes, du oui au traité constitutionnel, selon laquelle, a-t-il dit, "ceux qui ne veulent pas partager avec les salariés des pays de l'Est seraient xénophobes, ou au minimum égoïstes". Ceux-là, a-t-il déploré, "confondent l'internationalisme avec la solidarité avec les actionnaires". Même si le chantre du non a reconnu que "ce n'est pas le traité qui est à l'origine des délocalisations", il a considéré que le texte "ne donne pas les outils pour soigner le mal".

le 24 mai 2005 à 17:59
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