© INTERNELi li Whuang, une Chinoise de 22 ans, dort depuis vendredi soir derrière les barreaux de la maison d'arrêt des femmes à Versailles. Elle est soupçonnée d'avoir fait de l'"espionnage industriel" lors d'un stage chez l'équipementier automobile Valéo à Guyancourt (Yvelines). La police, saisie d'une plainte pour "intrusion dans un système automatique de données" et "abus de confiance", a retrouvé au domicile de la jeune femme six ordinateurs et deux disques durs d'une "puissance énorme" où avaient été entreposées des données considérées comme "confidentielles" par les dirigeants de l'entreprise -Thierry Morin, le PDG de Valeo, juge cependant "inexact" la présence de six ordinateurs chez la jeune stagiaire (voir encadré ci-dessous).
Les premiers éléments recueillis seraient "à charge", a-t-on précisé de source judiciaire. Li li Whuang, qui nie tout piratage industriel expliquant avoir copié les données informatiques pour travailler, aurait dit ne pas savoir qu'elle était dans l'illégalité malgré une clause de confidentialité qu'elle reconnait avoir signée en entrant chez Valéo.
"Exceptionnelle compétence"
La jeune femme, bardée de diplômes notamment en mathématiques, en mécanique des fluides ainsi qu'en physique appliquée, était stagiaire chez l'équipementier automobile à Guyancourt depuis le mois de février lorsqu'elle a attiré l'attention d'un des cadres de l'entreprise qui la voyait souvent se promener avec son ordinateur portable. "Brillante", d'une "exceptionnelle compétence", selon une source proche de l'enquête, elle avait réussi à déjouer le système de défense informatique de l'entreprise qu'elle avait piraté. Elle avait copié indirectement des données concernant des éléments de concepts de véhicules de différentes marques qui n'étaient pas encore mis sur le marché.
Installée en France depuis près de trois ans, Li li Whuang "a appris le français en trois mois", selon la même source, et parlait déjà l'allemand, l'espagnol, l'anglais et un peu l'arabe. "Je n'ai pas entendu parler" de cette affaire, a déclaré le ministre chinois du commerce Bo Xilai lors d'une conférence de presse à Paris à l'issue d'une rencontre avec le ministre du Commerce extérieur François Loos. "Si c'était vrai, ce serait tout à fait regrettable", a-t-il ajouté, soulignant "l'extrême volonté du gouvernement chinois dans le domaine" de la lutte contre la contrefaçon.
Valeo : "à la justice de se prononcer" |
Thierry Morin, le PDG de Valeo, souligne qu'il revient désormais à la justice de se prononcer. "Il y a chez Valeo une règle extrêmement stricte, c'est que l'information sur laquelle on travaille doit être au poste de travail officiel et non pas sur un ordinateur portable que l'on puisse sortir du groupe", a-t-il expliqué mardi lors l'Assemblée générale des actionnaires de l'entreprise. "De ce fait, nous avons mis immédiatement en place un dispositif de sécurité et nous avons eu recours à la justice. La justice déterminera si c'est simplement une erreur, ce qui est possible, ou si c'est autre chose", a-t-il commenté en faisant remarquer que "plus Valeo évolue, plus il suscite des convoitises".
Il a cependant ajouté qu'il n'avait "pas connaissance" que les données concernées soient des informations "à haut risque". Et, "s'il vous plaît, n'employons pas le terme d'espionnage industriel", a-t-il demandé en réponse à une question d'un actionnaire.
Photo : travail à la chaîne chez Valéo (archives)
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