Feu nourri contre le ragga homophobe

Par , le 25 mai 2005 à 17h54 , mis à jour le 28 mai 2005 à 10h06

Capleton, le chanteur de reggae jamaïcain voit plusieurs de ses concerts annulés en France. En cause, les paroles de ses chansons violemment homophobes.

pochette disque capleton © VP Records

Le caractère homophobe de certaines chansons de Capleton se passe de commentaires. Extraits : "Tous les pédés et les sodomites doivent être tués", "Brûlez les pédés, saignez les pédés", "Enchaînez- les et pendez-les vivants", "La terre-mère dit qu'aucun d'eux ne doit survivre".

Des "problèmes d'organisation"

Un des concerts du chanteur jamaïcain a été annulé à Toulouse. C'est ce qu'a annoncé laconiquement sur son site Internet l'association culturelle Bleu Citron, organisatrice de l'événement : "Suite à des problèmes logistiques liés au transport de l'artiste, l'organisateur a décidé d'annuler le concert de Capleton jeudi 2 juin au Ramier, ne pouvant garantir au public un concert dans de bonnes conditions".

Aucune référence explicite aux paroles violemment homophobes des chansons de Capleton. Et pourtant, parallèlement, un regroupement d'associations de défense des homosexuels a demandé mercredi au Zénith de Paris, où le chanteur doit se produire le 26 juin, de prendre une mesure semblable. L'Inter-LGBT (l'interassociative lesbiennes, gaies, bi et trans) a demandé dans un communiqué à "Daniel Colling, directeur du Zénith, de ne pas accepter les débordements de haine (du chanteur) et d'annuler la programmation de Capleton" le 26 juin. La direction de la salle parisienne ne souhaitait pas s'exprimer mercredi matin. L'Aéronef à Lille et la Cartonnerie à Reims ont déjà annulé les concerts de Capleton les 8 et 18 juin, en raison du "caractère violent et homophobe" de certaines de ses chansons. Selon l'agent de Capleton en France, la société Médiacom, l'annulation toulousaine n'est pas imputable au contenu homophobe de certaines chansons de l'artiste mais à des questions d'organisation.

Le feu et la purification

Capleton fait partie de cette génération de chanteurs jamaïcains appelés Bobo -"choisi"-, une congrégation rasta vieille d'un demi-siècle qui prône une vie rigoriste. La suprématie noire et le rapatriement collectif en Afrique sont les bases du mouvement. Son leïtmotiv : le feu, le "Faya bun", le "More fire", la purification…un pyro-lexique que chantaient déjà les anciens nyabinghis, mais avec des relents plus symboliques et spirituels.

Aujourd'hui, rasta ou pas, beaucoup de voix du ghetto se parent d'une rage affirmée contre la société blanche, contre le Vatican et son pape, l'ONU ou les homosexuels. Peu ou pas de traces de critiques de l'instrumentalisation armée des ghettos jamaïcains, les dérives politico-mafieuses et les messages de paix du roots reggae. Ou quand l'intolérance la plus extrême se travestit en refrain entraînant et dansant.

(La pochette du disque "Reign of Fire" de Capleton/VP Records)

Par Amélie Gautier le 25 mai 2005 à 17:54
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2 Commentaires

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  • Rémy, le 08/06/2005 à 04h42

    Réponse à Mankool/paris les paroles de ces chansons sont homophobes,c'est écrit noir sur blanc ou alors tu dois être sourd..... Rémy

  • Freko, le 02/06/2005 à 11h53

    Pourquoi ne pas annulé les concerts de rock où satan est invoqué ou les concerts FN? Sachez que l'on prend le reggae comme cible car c'est une musique qui monte mais que beaucoup d'autre courants pronent l'homophobie (au portugal par exemple) Ce n'est que de la musique!

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