
Après trois semaines de détention et au lendemain d'une confrontation générale avec les personnes concernées par le dossier, France Moulin a été libérée par les juges instruction d'Orléans en charge d'une affaire de blanchiment. Elle devra se soumettre à un "contrôle judiciaire assez léger"; selon l'un de ses avocats, qui devrait lui permettre de reprendre son activité professionnelle.
"Ce n'est que la consécration du droit. Depuis le départ, nous disions que sa détention est arbitraire et ne se justifiait nullement. Aujourd'hui, on ne peut qu'être soulagé de sa libération, mais elle a fait un mois de prison de trop", regrette l'un de ses défenseurs, Jean Iglésis, interrogé par tf1.fr. Cette remise en liberté est l'illustration, selon lui, que "les juges, à la recherche d'éléments à charge, n'ont finalement rien trouvé".
L'avocate pourrait "recommencer à travailler dès demain", mais maître Iglésis n'y croit guère. "Aujourd'hui, clame-t-il, elle est psychologiquement détruite".
"Le combat judiciaire ne fait que commencer"
Agée de 43 ans, l'avocate toulousaine avait été incarcérée le 19 avril à Bourges, dans le Cher, pour "divulgation d'information" alors qu'elle assurait la défense d'un numismate toulousain, Georges Danicourt, arrêté en juin 2004. L'avocate est soupçonnée d'avoir fait à un tiers des révélations d'informations contenues dans le dossier d'instruction qui auraient permis la dissimulation d'une partie du produit du blanchiment.
Sa mise en examen et son incarcération avaient provoqué la colère des avocats qui avaient manifesté dans plusieurs villes de France et dénoncé l'article 434-7-2 du code pénal, une disposition très controversée de la loi Perben II du 9 mars 2004.
Pour maître Iglésis, "le combat judiciaire ne fait que commencer". "Nous avons saisi la chambre de l'Instruction pour demande l'annulation de la procédure, explique-t-il. Pour l'instant, notre cliente reste mise en examen, mais nous avons bon espoir d'obtenir, tôt ou tard, un non-lieu ou sa relaxe. Auquel cas, nous ouvrirons un contentieux pour l'indemnisation du préjudice exceptionnel qu'elle a subi".
Photo d'ouverture : l'avocate toulousaine France Moulin, lors de sa sortie du palais de justice d'Orléans - DR
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