Guy Drut : "un peu comme du télétravail"

Par AFP, le 09 mai 2005 à 19h22 , mis à jour le 10 mai 2005 à 11h14

L'ancien ministre des Sports et champion olympique s'est défendu avec assurance au procès des marchés publics d'Ile-de-France. Pour lui, il "y a eu un travail d'effectué".

Guy Drut

Le champion olympique Guy Drut s'est défendu avec beaucoup d'assurance lundi à Paris au procès des marchés publics de tout emploi fictif, affirmant avoir été "une clef pour ouvrir les portes vers des décideurs" pour le compte de son employeur. "C'était plus un contrat de relations publiques qu'un contrat d'image. Il y a eu un travail d'effectué. Ce genre d'activité est régulièrement effectué par des sportifs à la retraite. J'ai parlé de cette société à des tas de gens", a déclaré très sûr de lui le prévenu (54 ans), en costume gris à la barre.

Le souci de la candidature

Quarante-sept personnes sont poursuivies dans cette vaste affaire de corruption politico-financière liée à l'attribution des marchés publics d'Ile-de-France au début des années 90.

Cette comparution intervenait à un moment très délicat pour l'athlète, membre du Comité International Olympique (CIO) et qui est engagé dans la bataille que mène Paris pour remporter les JO 2012. "Si ma présence, peut gêner en quoi que ce soit la candidature de Paris, je prendrai les dispositions qui me paraissent s'imposer", a-t-il déclaré à la presse, avant d'être interrogé par le tribunal.

"J'étais une espèce de clef pour ouvrir les portes vers des décideurs. Mon boulot c'était pas de faire des compte-rendus de séance. C'était un peu du télétravail", a-t-il expliqué pour justifier le fait qu'il n'avait pas de bureau au sein de la Sicra (filiale de l'ex-CGE, groupe Vivendi). "Le conseil d'un champion olympique peut aider à vendre des choses", a-t-il fait valoir, bien que ses services n'aient rapporté aucun contrat à la société.

Ce chiraquien, ancien ministre des Sports et actuel député UMP, est accusé d'avoir occupé un emploi fictif entre juin 1990 et février 1993 pour lequel il a perçu 774.047 francs (environ 119.000 euros): 20.000 ff par mois auxquels se sont ajoutés une prime de licenciement de 50.000 ff. Poursuivi pour "recel d'abus de confiance", il risque cinq ans de prison et une peine d'inéligibilité.

"Toute peine mérite salaire"

Il a également nié toute intervention pour cette embauche de Michel Roussin, ex-bras droit de Jacques Chirac à la Mairie de Paris et également prévenu dans cette affaire. Pour justifier cet emploi alors qu'il était député RPR, l'ancien ministre des Sports a déclaré: "J'avais le droit et le temps de le faire (...). Je pouvais améliorer mon ordinaire et celui de ma famille (...). Toute peine mérite salaire".

Le président du tribunal Jean-Louis Kantor a alors évoqué le fait que Guy Drut, actionnaire de la société Sar, dirigée par Francis Poullain, proche du RPR, avait touché des dividendes sur la période 1990-1994 pour un montant de 2,5 millions de ff et qu'il avait déclaré pour les années 94 et 95 respectivement 13 millions de ff et 12 millions au titre de l'impôt sur la fortune. "Il y a un léger décalage entre l'image du champion olympique qui court pratiquement pieds nus dans ses chaussures, le contrat Sicra et les dividendes Sar qui montre un aspect sur lequel on a des interrogations", a souligné le président face à un prévenu qu'il n'a pas réussi à ébranler.

Photo : Guy Drut à la sortie du tribunal

Par AFP le 09 mai 2005 à 19:22
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