
Jean-Marie Le Pen a défendu dimanche à Paris le non à la Constitution devant une assistance assez clairsemée, stigmatisant le "référendum de capitulation", ainsi que l'Europe "méduse molle". Cette manifestation du 1er mai en l'honneur de Jeanne d'Arc, cette année "plus politique que traditionnelle", avait été présentée par le FN comme "le plus grand meeting du non" de la campagne du référendum. Elle n'a de fait rassemblé que 3.200 personnes selon la police (20.000 selon les organisateurs), pas plus que les deux années précédentes, sur une place de l'Opéra à moitié vide.
Place des Pyramides, en lisière des Tuileries, le patron du FN a déposé une gerbe aux pieds de la statue de Jeanne d'Arc, devant laquelle s'est également incliné le Britannique Nick Griffin, président du British National Party (extrême droite). On le retrouvait place de l'Opéra, sur l'estrade d'honneur, aux côtés de représentants de partis similaires d'Italie, de Pologne, de Slovénie et de Suède.
Les militants ont défilé avec des drapeaux tricolores et des banderoles proclamant notamment: "Turquie + Constitution, non je garde la France". Parmi les slogans les plus entendus: "Chirac, Turquie, trahison", et aussi, assez décalé : "Le Pen président". Place de l'Opéra, l'estrade était surmontée d'une affiche géante au dessin vieillot représentant Jeanne d'Arc, avec le slogan "Pour la France, avec Jeanne, celle qui a dit non".
"Une hirondelle ne fait pas le printemps"
Pendant une heure, sous un franc soleil, J.M Le Pen a stigmatisé le "référendum de capitulation", les "partisans du oui suicidaire" et leur "propagande totalitaire". Il a signalé que, sur "30 sondages", il n'y en avait qu' "un en faveur du oui et 29 en faveur du non". Répondant à ceux qui disent que "la tendance s'est inversée", il a déclaré : "une hirondelle ne fait pas le printemps". L'Europe, a lancé le président du FN, "n'est pas une Nation ni une Patrie (...), c'est une grosse méduse, molle et sans forces, incapable de se défendre elle-même et contrainte de n'être qu'un protectorat". "Ce n'est pas la prospérité, le plein emploi, le progrès social, c'est le chômage, la précarité, les délocalisations, la casse des entreprises françaises", ajoutait-il. Quant à l'UE, c'est "un échec et une impasse".
Reprenant la thématique traditionnelle du FN qui s'appuie sur un nationalisme virulent et le rejet de l'immigration, M. Le Pen a affirmé que "le plus grave danger pour la France est la perte de l'indépendance par l'Europe et la perte de l'identité par l'immigration". "En trente ans, a-t-il dit, près de 10 millions d'étrangers (...) sont entrés chez nous dont la plupart vivant aux dépens des travailleurs et des contribuables français. Mais ils ne sont que l'avant-garde d'une vague déferlante".
L'hommage à Brahim Bouarram, "victime du FN" |
Quelque 120 personnes ont honoré la mémoire de Brahim Bouarram, dimanche matin, sur le pont du Carrousel à Paris, dix ans jour pour jour après la mort de ce jeune Marocain jeté dans la Seine par des manifestants issus du cortège du Front national. Une banderole avait été déployée sur laquelle était inscrit "Georges Brassens et les copains d'abord en mémoire à Brahim, victime du FN". La mort de Brahim, le 1er mai 1995, "c'est la marque de la haine qui défile de l'autre côté du Carroussel", a déclaré Michel Tubiana, président de la Ligue des droits de l'Homme. "Il est du devoir de tous les antiracistes de se rappeler que le FN comme le MNR ne sont pas des partis comme les autres. Parce qu'ils trouvent leur fondement dans une idéologie de haine, de racisme, d'intolérance, ils se placent en dehors de la République", insistait le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples. Le maire de Paris, Bertrand Delanoë (PS) participait, comme l'an dernier, à ce rassemblement à l'appel du Mrap, de l'Association des travailleurs maghrébins de France, de SOS Racisme et de la LDH. |
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