© INTERNEFrançois Chenu s'est fait agresser par trois skinheads dans un parc de Reims. Il est mort roué de coups. Jean-Pierre Humblot marchait le long d'un canal à Nancy quand deux adolescents l'ont jeté à l'eau. Il est mort noyé. Deux hommes tués ces dernières années en France parce qu'ils étaient homosexuels. D'autres ont été marqués à vie, toujours à cause de leur préférence sexuelle.
David Gros, a été frappé à coups de casque de moto et de barre de fer à Marseille par une bande de jeunes qui lui ont lançé : "Pas de pédé chez nous!". Fractures multiples. Sébastien Nouchet a été incendié près de Lens par trois individus qui lui ont crié : "Tu vas crever, sale pédé". Brûlures au troisième degré, main gauche paralysée, corset à vie.
Fondée en 1994, l'association SOS-Homophobie dresse tous les ans un état des lieux de l'homophobie. Au cours de l'année 2004, l'association a reçu près de 1200 témoignages téléphoniques ou mails, dont plus de 80% font état d'actes ou de paroles homophobes. Près de 15% concernent des agressions physiques.
Ravad
Ce mardi est la première Journée mondiale contre l'homophobie. Lancée par des associations de défense des gays et des lesbiennes, cette initiative célèbre le 15e anniversaire de la décision de l'Organisation mondiale de la Santé de retirer l'homosexualité de la liste des maladies mentales. Des colloques et des tables rondes sont organisés.
Pour venir en aide aux homosexuels agressés ou victimes de discrimination, un réseau national d'aide a également été créé par une quinzaine d'associations, appuyées par des avocats. Son nom : Ravad pour "Réseau d'assistance aux victimes d'agressions et de discriminations liées à l'orientation sexuelle ou l'identité de genre.
L'idée de ce réseau est née en janvier 2004 après l'agression de Sébastien Nouchet. Son avocat, Me Jean-Bernard Geoffroy du barreau de Béthune, préside aujourd'hui le RAVAD. "Il s'agit d'offrir le soutien moral des associations et le soutien juridique et judiciaire de professionnels du droit", a insisté Me Geoffroy, lundi à Paris.
Discriminations ordinaires
Le réseau, qui devrait être prochainement doté d'un numéro de téléphone et d'un site Internet, n'a pas vocation à engager systématiquement des actions judiciaires, relève l'avocat. Il peut aider à monter un dossier pour saisir la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) mais aussi essayer de régler un conflit à l'amiable, en toute confidentialité".
Mais le Ravad vise aussi à mettre au jour les discriminations ordinaires. Il cite le cas d'un élève de Perpignan, frappé et systématiquement traité de "tarlouze" depuis deux ans dans son lycée. Il évoque les humiliations endurées par une factrice de l'Hérault, dont un collègue avait incidemment appris qu'elle vivait avec une femme. Tous les matins, au centre de tri, la factrice lesbienne "trouvait des photographies pornographiques collées sur son bureau, de la morue séchée dans son tiroir", relate un responsable de la Ravad. La jeune femme avait souffert d'une dépression, avant de demander à changer de service.
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