
Près de 3.500 personnes selon la police ont pris part samedi à Perpignan, dans une ambiance tendue mais sans incident, à une marche en hommage à Mohamed Bey-Bachir, battu à mort par un groupe de gitans dimanche dernier dans le quartier Saint-Jacques. En tête du cortège, le portrait du jeune homme était brandi et des banderoles "Plus jamais ça !", "Non à la violence" ou "Egalité, sécurité, fraternité" déployées. Une autre banderole en drap blanc évoquait les conditions du drame : "Si on te vole ton poste, souris. Si on te prends ta place de parking, souris... avant de perdre ta vie".
A l'issue du défilé, qui s'est déroulé à un rythme rapide et au son de slogans parfois hostiles à Jean-Paul Alduy, le maire UMP de la ville, une délégation, composée de membres de la famille de la victime et du collectif organisateur de la marche, a été reçue à la préfecture. Elle devait présenter une motion au préfet Thierry Lataste, en présence du maire. Selon le responsable du collectif mis en place en soutien aux proches, la motion devait réclamer la libération de tous ceux qui ont été arrêtés depuis le drame.
"Si vous ne faites rien, demain ce seront vos enfants"
Vendredi en effet, le tribunal de Perpignan a prononcé des peines d'emprisonnement ferme allant jusqu'à six mois contre cinq manifestants maghrébins et un jeune gitan pris un fusil chargé à la main, après des heurts intervenus dans le quartier Saint-Jacques, où a régné la tension depuis le drame. "Nous sommes solidaires avec eux parce qu'ils étaient en colère", a affirmé Mohammed Moulay, responsable du comité organisateur de la marche. Voulant apaiser l'ardeur de certains participants, le frère de Mohamed Bey-Bachir a tenu à situer le débat sur le terrain politique. "Il paraît que les gitans sont armés, nous le serons à l'avenir... avec la carte électorale", a déclaré Hamed Bey-Bachir, tandis que sa soeur avertissait: "Aujourd'hui, c'est mon petit frère, mais si vous ne faites rien, demain ce seront vos enfants".
Les membres de la famille de Mohamed Bey-Bachir, parmi lesquels son frère Hamed et deux soeurs, ont par ailleurs déposé une plaque devant le café de la rue Llucia, où le jeune homme a été roué de coups dimanche par un groupe de gitans alors que "beaucoup de gens étaient présents", a déclaré Hamed Bey-Bachir. "Il faut dire la vérité pour aider la justice à faire son travail. Il est possible de témoigner", a-t-il insisté. L'une des soeurs de la victime a pour sa part stigmatisé les témoins du lynchage. "Les lâches, ce sont eux, qui étaient là et qui ne l'ont pas défendu".
Photo d'ouverture : la manifestation en hommage à Mohamed Bey-Bachir, samedi à Perpignan - DR
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