
Pétain voulait-il se rendre aux Anglais? C'est en tout cas ce qu'affirme Charles Williams, historien et auteur d'une biographie sur le maréchal. Philippe Pétain, qui avait alors 87 ans, avait proposé de s'échapper de Vichy et de conclure la paix avec le Comité français de libération nationale (CFLN) établi à Alger, selon de nouveaux documents examinés aux archives nationales de Kew par l'historien Charles Williams.
Statut des juifs en 1940: le texte original accablerait Pétain
Le document original vient d'être authentifié: pour ses découvreurs, il est annoté de la main du maréchal, qui renforce les mesures antisémites. Il a été remis au Mémorial de la Shoah à Paris.
Publié le 03/10/2010
Harold Macmillan, jeune ministre délégué auprès du quartier général allié en Méditerranée paraît avoir balayé l'offre sans même en référer au Premier ministre Winston Churchill. "Il n'y a pas d'avantages à la fuite de Pétain", écrivit-il dans une correspondance diplomatique: "la seule raison de le faire sortir de France serait pour le faire exécuter en tant que traître complet".
L'accord d'Alger
Le mémorandum reçu par Macmillan, classé "secret absolu", faisait part de l'avis de principe favorable du CFLN. On pensait à Alger qu'il aurait pu être utile, à des fins de propagande, de "faire sortir Pétain de France quelques semaines avant le début de l'invasion" dans la Manche. Le vieil homme paraissait prêt à aller "n'importe où, sauf en Afrique du Nord". Il aurait fait valoir qu'après avoir quitté la France, il délivrerait l'armée française de son serment envers lui.
L'auteur de cette biographie, un ancien dirigeant du parti travailliste, rappelle la popularité dont Philippe Pétain a joui jusqu'à l'effondrement du régime, et notamment comment un million de personnes sont venues l'acclamer sur les Champs-Elysées en mai 1944, à quelques jours du Débarquement de Normandie.
Une biographie trop indulgente?
Plusieurs journaux britanniques ont reproché à l'historien de présenter Pétain sous un jour indulgent, et notamment de l'absoudre du crime de haute trahison pour lequel il a été condamné à mort en 1945, avant d'être gracié puis de finir ses jours en prison. "Si Pétain était mort dans les années 20, il ne fait pas de doute qu'il serait aujourd'hui encore célébré comme un héros", écrit Lord Williams. Mais en 1945, dans une France "perdante mais qui avait terminé du côté des vainqueurs", le vieux maréchal "a fini du mauvais côté de l'Histoire".
S'il refuse de voir en Pétain un traître, à l'inverse des historiens français à peu près unanimes, l'auteur n'esquive pas la responsabilité de Pétain dans les traits les plus accablants du régime de Vichy, de l'établissement d'une dictature policière à la participation active de la Milice et de la police française à la déportation des juifs vers les camps de la mort, en passant par la sale guerre faite à la Résistance. Il rappelle aussi la faiblesse des réactions du vieil homme face aux pires exactions, quand il ne les approuvait pas.
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Statut des juifs en 1940: le texte original accablerait Pétain
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