Petites perturbations entre émis

Par Propos recueillis par Philippe MATHON, le 03 mai 2005 à 06h04 , mis à jour le 03 mai 2005 à 18h37

Dans l'environnement, l'automobile moderne est soumise à toutes sortes d'agressions. Constituent-elles pour autant des dangers pour la sécurité des automobilistes ? Les éclairages d'Alain Charoy, le patron d'AEMC, un laboratoire de conseil et formation en Compatibilité électromagnétique.

Alain Charoy CEM automobile © DR

Les téléphones mobiles : "Les constructeurs pratiquent des tests de compatibilité électromagnétique (CEM) compris entre 100 et 200 volts/mètre. Or, un mobile situé à 3 centimètres de l'oreille génère, dans le pire ces cas, un champ crête de 60 volts par mètre. Selon moi, l'ordre de grandeur n'y est donc pas".

Les décharges électrostatiques : "Elles constituent une menace sérieuse pour les électroniques auxquelles un garagiste (ou un bricoleur) a accès. Malgré la sévérité des tests effectués, des cas de dégradation, voire de destruction restent possibles".

La foudre : "Elle n'est pas une menace sérieuse pour les électroniques automobiles. Un jour, dans la station d'essais de Saint-Privat-d'Allier, un constructeur d'autobus a fait tomber la foudre sur un car. Rien de grave ne fut détruit. En outre, le "chasseur de foudre", Alex Hermant, a eu sa voiture foudroyé : seule une ampoule électrique d'un feu arrière fut détruite. Il mit quelques jours avant de s'en rendre compte…".

Les radars automatiques, PDA et Bluetooth : "Tant qu'un objet n'émet pas au moins quelques watts, il ne perturbera jamais rien. Un radar automatique, c'est inférieur au watt, de même que le PDA. La puissance d’émission de bluetooth, est au maximum de 10 milliwatt. Leur rayonnement est si faible qu'il n'est pas suceptible de parasiter l'électronique embarquée d'une automobile".

Les lignes à haute tension : "Elles génèrent à la fois du champ électrique et du champ magnétique. Le premier ne pose pas de problème car il ne rentre pas dans la voiture. Quant au second, il est maintenant sous contrôle, les constructeurs ayant relevé leurs niveaux de tests, après de sérieux problèmes sur un des capteurs du calculateurs d'injection de certains véhicules".

Les radars d'aéroport : "Chaque tour d'antenne provoque des niveaux de champs parfois supérieurs aux valeurs testées sur les électroniques des automobiles. Mais, au pire, l'automobiliste pris dans un embouteillage avec un moteur au ralenti, courra le risque de le faire caler". A noter que, récemment, un modèle Peugeot avait la mauvaise habitude de voir ses vitres se baisser ou se relever de manière intempestive à proximité d'un aéroport…

Les CB : "Pendant longtemps, elles ont constitué un véritable problème pour les constructeurs. Certains automobilistes ont connu de graves problèmes d'allumage sur leurs véhicules, notamment au moment de doubler un camion qui embarquait une CB de plusieurs centaines de watts. Au fur et à mesure que la voiture se rapprochait de l'antenne CB du camion, cela parasitait le calculateur d'injection, empêchant la voiture de doubler. Extrêmement dangereux sur la route ! Résultat : même si ce modèle de CB était interdit en France, le monde de l'automobile s'est adapté et a durci considérablement ses niveaux imposés aux équipementiers".

Photo : Alain Charoy (DR).

Par Propos recueillis par Philippe MATHON le 03 mai 2005 à 06:04
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