Procès Cavagnoud : les Français mettent en cause les Allemands

le 12 mai 2005 à 08h45 , mis à jour le 12 mai 2005 à 10h13

L'entraîneur et le starter chargés de l'entraînement durant lequel la skieuse française s'est tuée, en 2001 en Autriche, comparaissent depuis ce matin devant le tribunal correctionnel d'Annecy. A l'audience, ils entendent faire porter la responsabilité de l'accident aux co-organisateurs allemands.

La skieuse Régine Cavagnoud © INTERNE

Le 29 octobre 2001, au cours d'une séance d'entraînement conjointe avec l'équipe allemande sur le glacier autrichien de Pitzal, la skieuse Régine Cavagnoud, lancée à 80 km/h, percute de plein fouet l'entraîneur allemand Markus Anwander, qui n'a pas été prévenu de son départ. La championne du monde de Super-G décède deux jours plus tard, l’entraîneur est grièvement blessé.

Le procès de l'entraîneur de la skieuse et du starter français chargés de l'entraînement durant lequel Régine Cavagnoud est morte, s'est ouvert jeudi matin devant le tribunal correctionnel d'Annecy. Xavier Fournier et David Fine sont poursuivis pour "homicide et blessures involontaires". Au cours de l’audience, qui pourrait être prolongée vendredi, ils ont tous deux l'intention de souligner les responsabilités allemandes dans l'accident. "Il y a eu de graves négligences ce jour là, et elles sont le fait de l'encadrement allemand", a affirmé Me Sophie Dion-Loye, avocate de Xavier Fournier.

"Les responsables sont absents" 

Le directeur de l'équipe de France de ski, Lionel Finance, mis en examen à sa demande pour avoir accès au dossier, a été mis hors de cause, de même que le starter de l'équipe allemande Tjesimir Peranic qui a bénéficié d'un non-lieu. L'encadrement de l'équipe d'Allemagne ayant également obtenu un non-lieu en Autriche, l'affaire a été renvoyée devant la justice française et est jugée dans le tribunal dont dépend le domicile des parents de Régine Cavagnoud, partie civile au procès.

Dans son ordonnance de renvoi, le juge d'instruction français Michel Mollin a estimé que la faute du starter allemand n'était pas caractérisée, contrairement à celle du starter français, qui a donné le départ à Régine Cavagnoud sans s'être assuré que son homologue allemand avait prévenu l'entraîneur allemand. Maître Dion-Loye a une autre interprétation des faits: "l'entraîneur allemand a traversé alors que l'entraînement n'était pas suspendu et la personne qui faisait fonction de starter du côté allemand n'avait ni les qualités, ni la formation pour effectuer ce travail, car il était préposé au matériel". "Les débats vont faire apparaître que les responsables sont absents", a estimé Me Dion-Loye.

De son côté, le Parquet devrait mettre en évidence que la cinquième descente d'entraînement, au cours de laquelle l'accident a eu lieu, n'était pas programmée et qu'il y a eu une faute caractérisée. Cette descente s'est effectuée à la demande de la skieuse, mais son encadrement n'a pas alerté les Allemands.

Photo d'archives : Régine Cavagnoud (DR)

le 12 mai 2005 à 08:45
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