Référendum : Simone Veil répond à Debré

le 06 mai 2005 à 09h19 , mis à jour le 06 mai 2005 à 10h06

"De quoi se mêle-t-il ?" a répondu Simone Veil à Jean-Louis Debré. Le président de l'Assemblée nationale lui reproche de ne pas avoir démissionné du Conseil constitutionnel pour mener campagne en faveur du référendum.

Simone Veil mai 2005 plateau 20 heures TF1

Simone Veil est une femme de conviction. Et pour elle, la réponse au référendum sur le Traité constitutionnel européen doit être Oui. Devant l'hésitation persistente d'un grand nombre de Français, l'ancienne ministre de la Santé et ancienne présidente du Parlement européen a décidé de se mettre en congé du Conseil constitutionnel -dont elle est l’un des neuf sages-pour mener campagne tout au long du mois de mai. Une décision vivement critiquée jeudi par Jean-Louis Debré. Le président de l’Assemblée nationale, insistant sur la nécessité de "ne pas jouer avec les institutions" comme le Conseil constitutionnel, a suggéré que Simone Veil «démissionne» de cette institution si elle voulait prendre part à une campagne électorale.

"Il n'a pas de leçon à me donner. De quoi se mêle-t-il?", a lancé Simone Veil jeudi soir sur TF1, en expliquant qu'elle avait pris "toutes ses précautions" avant de se mettre en congé. "Le président du Conseil constitutionnel et mes collègues ont délibéré et tous ont estimé que je pouvais parfaitement me mettre en congé sans avoir à démissionner", a précisé Simone Veil. Elle a ajouté que s'il y avait un recours sur le référendum, "naturellement, elle ne siégerait pas" à la délibération du Conseil constitutionnel.

"L'Europe est née du désir de réconciliation entre les Européens"

Toujours sur TF1, mais aussi dans le quotidien régional Le Télégramme daté de vendredi, Simone Veil estime que les partisans du non "ignorent la dimension historique de la construction européenne". "Ceux qui savent ce qu'a été la guerre, ce qu'a été la barbarie des événements qui ont pu se produire, n'ont pas oublié que l'Europe est née du désir de réconciliation entre les Européens", a-t-elle affirmé. «Contrairement à ce que voudraient faire croire les adversaires de l'Europe, l'histoire est toujours en filigrane dans le présent. C'est notre devoir de rappeler ce qui s'est passé au cours du XXe siècle. N'oublions pas que le national-socialisme est né en Allemagne, pays qui paraissait acquis à la démocratie, qui comptait nombre des plus grands philosophes et des plus grands musiciens. Pourtant, la barbarie du siècle dernier a pris naissance dans ce grand pays de culture. Cela donne à réfléchir", a ajouté Simone Veil.

le 06 mai 2005 à 09:19
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