
Ils sont quatre avocats à unir leurs efforts pour lutter contre le "mastodonte" Renault. Défendant près d'une vingtaine de clients affirmant avoir subi un accident en raison du blocage de leur régulateur de vitesse, MM. Moser, Colette, Weiler-Strasser et Berrebi ne cachent pas leur objectif : contraindre Renault à prendre "une mesure urgente et symbolique en déconnectant les régulateurs de vitesse sur les véhicules neufs et en ordonnant le rappel des véhicules déjà vendus", déclare Maître Colette, interrogé par tf1.fr.
Pour l'heure, Renault maintient sa ligne de défense, affirmant qu' "aucun dysfonctionnement" n'a été constaté sur ses régulateurs de vitesse, malgré des investigations menées en interne, durant "plusieurs mois", par une quarantaine d'ingénieurs. "Ils ont fait des recherches, ils n'ont rien trouvé. Mais ils ne peuvent pas laisser sur le marché un produit défaillant qui constitue un risque pour autrui, ils ont une obligation de sécurité", objecte Franck Colette. "Quand vous voyez les dépositions de ces conducteurs automobiles qui arrrivent à un péage avec un régulateur bloqué à 130 et qui filent sur l'autre versant de l'autoroute pour passer à un poste de télépéage parce qu'il n'y a personne, ça fait froid dans le dos ! ", s'emporte-t-il.
"C'est une question de valeurs"
Aujourd'hui, plusieurs constructeurs sont éclaboussés par des témoignages d'automobilistes : Renault, qui détient la plus forte part de marché d'équipement en régulateur de vitesse, est visé par plus de 40 cas, alors qu'Audi et Toyota ont été cités à une reprise. Pour l'heure, seules deux expertises ont été ordonnées par la justice. Pourquoi donc l'initiative vise-t-elle seulement la marque au losange ? Harcèlement judiciaire ? Maître Colette s'en défend : "Nos clients ont tous eu des accidents sur des véhicules Renault. Si j'avais eu un client qui a eu un accident sur une Opel, je me retournerais contre Opel".
L'avocat dit ne pas comprendre l'attitude de Renault depuis le début de l'affaire des régulateurs. "Quand j'ai plaidé, il y a quelques jours, à Sarreguemines, l'avocat de Renault s'est opposé à l'expertise que je demandais au juge. Ce n'est pas cohérent. Quelqu'un qui veut savoir la vérité ne peut pas refuser une expertise. C'est une question de valeurs". Alors que sa collègue, Me Berrebi, voit plus large encore et demande "aux autorités d'intervenir dans ce dossier", il s'interroge; le ton grave : "Les prochains accidentés auront-ils la chance qu'ont eu mes clients de rester en vie ? "
Photo AFP : la conductrice de la Clio, accidentée le 12 mars à Bordeaux.
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