
Une centaine de fusils et d'armes de chasse, dont certains munis de silencieux ou de lunettes de vision nocturne, des projecteurs halogènes, des filets de pêche, des produits pour endormir le gibier, des pièges à mâchoire, des armes de poings et des bandes magnétiques imitant le chant des oiseaux : le réseau de braconniers mis au jour lundi en Camargue ne faisait pas dans l'amateurisme.
Vingt-quatre personnes soupçonnées d'avoir un lien avec lui ont été interpellées lundi et placées en garde à vue, à l'issue de une opération ayant mobilisé une centaine de gendarmes, douaniers, membres de l'administration fiscale, de la direction des services vétérinaires, de l'Office national de la chasse et de la faune et du Conseil supérieur de la pêche.
"Economie parallèle"
Ces habitants d'Arles, des Saintes-Maries-de-la-Mer, de Salon-de-Provence, du Pertuis dans le Vaucluse et de Fourques dans le Gard auraient, de près ou de loin, profiter des fruits d'une chasse, hors période légale, y compris du gibier protégé. Le réseau est soupçonné d'avoir alimenté restaurateurs ou particuliers à la commande.
"Cela ne relève pas des traditions ou des habitudes culturelles mais bien de la délinquance organisée", a commenté le commandant de la compagnie de gendarmerie d'Arles, parlant "économie parallèle". Deux congélateurs remplis de poisson et de gibier, dont des espèces protégées comme des fauvettes, des mésanges ou des civelles, ainsi que des flamants roses empaillés ont aussi été retrouvés.
Une information judiciaire a été ouverte à Tarascon pour "chasse sur terrain d'autrui aveccirconstances aggravantes, chasse avec instruments et armes prohibés, et délit de destruction d'espèces protégées". Outre les 24 personnes placées en garde à vue, 30 ont été entendues à titre de témoin.
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