Samuel ne veut pas être un "martyr" du combat lycéen

Par , le 25 mai 2005 à 15h28 , mis à jour le 25 mai 2005 à 15h43

Lors du procès pour outrage à agent de Samuel Morville, un des leaders du mouvement lycéen de ce printemps, ce dernier a déclaré qu'il n'avait "aucune envie de devenir un martyr". Une peine de 500 euros ou des travaux d'intérêt général a été requise.

Samuel Morville © DR

"Je suis là pour faire la leçon que vous méritez et que vous allez écouter", a déclaré le procureur Dominique Gohon lors de la première journée du procès de Samuel Morville, l'un des leaders de la coordination lycéenne. Ce dernier est jugé pour outrage à agent devant le tribunal correctionnel de Paris.

"Je n'ai aucune envie de devenir un martyr, j'ai envie de passer mon bac et de faire des études", a affirmé le jeune homme, cheveux longs et bruns noués en catogan, veste de cuir sur chemise blanche et pantalon de treillis. Interpellé lors d'une manifestation à Paris le 31 mars, Samuel Morville, élève de terminale ES au lycée Sophie Germain (IVe), est poursuivi pour avoir insulté et craché sur un commissaire de police, Pierre-Jean Grubis, qui encadrait les forces de l'ordre ce jour-là.

Le jeune homme ayant refusé d'envisager une quelconque culpabilité a refusé des travaux d'intérêts généaux et risque une amende de 500 euros. Le jugement a été mis en délibéré jusqu'à mercredi.

"L'âge de mon fils"

Samuel Morville accuse le commissaire de police de lui avoir donné une gifle lors de son interpellation. "J'ai été à la brigade criminelle, à la section antiterroriste, j'ai eu devant moi des assassins, des poseurs de bombe, je n'ai jamais levé la main sur qui que soit, je ne vais pas commencer avec un gamin qui a l'âge de mon fils", a affirmé le policier.

A l'issue de l'audience, plusieurs dizaines de lycéens, entourés de caméras et de micros, se sont rassemblés devant les grilles du Palais de Justice où le jeune lycéen s'est livré à une conférence de presse improvisée. A ses côtés, une autre des responsables de la coordination, Pauline Salingue, elle aussi sous le coup de poursuites judiciaires, a dénoncé un procès "délirant, démesuré qui démontre bien que ce n'est pas un individu qu'on juge mais un mouvement". Plusieurs lycéens doivent comparaître devant la justice dans les semaines qui viennent pour des incidents survenus lors de manifestations ou d'occupations de locaux administratifs organisées dans le cadre de la contestation de loi Fillon sur l'Ecole.

Par Sophie Lutrand le 25 mai 2005 à 15:28
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