© DRLe premier a dit au second : "J'ai aimé travailler avec toi et pendant trois ans, on a fait un tandem improbable mais qui n'a pas si mal fonctionné". Le second de lui répondre : "C'est vrai (…) on a bien travaillé ensemble. Je dois dire qu'on a travaillé en franchise, de manière directe, de manière sincère". Nicolas Sarkozy et Jean-Pierre Raffarin ont de nouveau travaillé ensemble lundi soir. Réunis lors d'un meeting à Poitiers pour le "oui" au référendum sur la Constitution européenne du 29 mai, le président de l'UMP et le Premier ministre ont défendu, chacun leur tour, le Traité devant quelque 2.000 militants UMP.
"Il n'existe pas d'autre projet"
Jean-Pierre Raffarin a affirmé qu'il n'existait pas de "plan B", comme le soutiennent les partisans du "non" au référendum, et qu'il n'y avait en fait "qu'un seul autre plan, le plan F, Fabius pour Fabius", pour dénoncer les ambitions personnelles du numéro 2 du PS. "Je suis venu vous appeler au courage du "oui" en opposition au renoncement du non", a déclaré le Premier ministre. "Je ne veux pas que l'on me reproche plus tard de ne pas avoir averti les Françaises et les Français sur l'enjeu du 29 mai", a-t-il ajouté alors que certains partisans du "oui", de Valéry Giscard d'Estaing au socialiste François Hollande, lui reprochent de trop intervenir dans la campagne au risque, selon eux, de faire grossir les rangs du "non" de par sa forte impopularité.
Le Premier ministre s'en est pris à "toutes les têtes bien pleines" qui "nous expliquent que si le traité était refusé, nous aurions une solution préfabriquée grâce à laquelle notre renoncement serait sans gravité". "Il n'existe pas d'autre projet. Le "non" est respectable mais il faudrait une bonne dizaine d'années" pour obtenir un nouveau traité, pour que "l'administration européenne soit subordonnée à l'Europe politique", a ajouté le chef du gouvernement.
"Une date historique"
Réaffirmant que "le scrutin sera serré", Jean-Pierre Raffarin a estimé que "le 29 mai restera de toute façon une date historique". "Ce sera le jour où les Français auront dit "oui" ou "non" à la création de l'Europe constitutionnelle, "oui" ou "non" à une Europe démocratique, "oui" ou "non" à une nouvelle Europe qui décide de donner des droits nouveaux aux peuples européens".
De son côté, et en écho aux propos de Jean-Pierre Raffarin, Nicolas Sarkozy a fustigé lui-aussi Laurent Fabius, l'ancien Premier ministre socialiste, qui "a toujours dit oui" et qui "aujourd'hui dit non". "S'il pensait que l'Europe n'était pas assez sociale, il ne fallait pas qu'il se gêne quand il était ministre des Finances. Pourquoi vous demande-t-il de faire ce que, eux, ont été incapables de faire pendant cinq ans au gouvernement de Lionel Jospin ?", a-t-il lancé.
Les neuf sondages publiés depuis la Pentecôte donnent le "non" gagnant. Il reste moins de six jours aux politiques pour travailler et défendre leur "oui" ou leur "non" à la Constitution.
Sarkozy: "Je vais très très bien" |
Le président de l'UMP, a affirmé lundi soir qu'il allait "très très bien" et que "la vie politique ne devrait pas tout autoriser". Nicolas Sarkozy a fait cette mise au point alors que certaines voix ont fait état depuis dimanche d'une "fatigue" de sa part, en raison de "problèmes familiaux", selon certains médias. Invité dimanche soir au journal de TF1, Nicokas Sarkozy s'était décommandé après avoir décidé de prendre une journée de repos en raison d'une "fatigue", selon ses proches. Il avait été remplacé au pied levé par Jean-Louis Borloo, ministre de la cohésion sociale. "C'est Jean-Pierre Raffarin qui s'est fait opérer et c'est moi dont on dit qu'il est fatigué (...) tu as fort bonne mine", a-t-il lancé au chef de gouvernement. "En ce qui me concerne, je vais bien, et transmettez à mes adversaires que c'est encore plus préoccupant encore, je vais très très bien". "Je pense que la vie politique ne devrait pas tout autoriser et qu'au nom de la politique, on devrait aussi de temps en temps respecter un certain nombre de valeurs. Je sais qu'en disant cela je n'ai aucune chance d'être entendu de ceux qui n'ont aucune valeur. Mais quoi! ça m'a fait plaisir de vous le dire", a-t-il également affirmé. |
(Jean-Pierre Raffarin et Nicolas Sarkozy lundi soir à Poitiers/DR)
RENDEZ-VOUS SUR TF1.fr : Olivier Besancenot (LCR), partisan du non, sera notre invité en "chat" jeudi à 11h30
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