© DRAu PS, on est encore groggy. La très nette victoire du "non" au référendum a laissé des traces. Fort opportunément, il a été décidé de ne pas réunir, mardi, le bureau national du parti. Le traditionnel point presse avait déjà été annulé lundi matin. Une impression de flottement règne, rue de Solferino. Le prochain rendez-vous - le conseil national - n'aura pas lieu avant samedi.
Précédant les questions des journalistes, François Hollande a prévenu lundi qu'il n'entendait pas céder sa place de premier secrétaire à Laurent Fabius, le grand vainqueur du "non" de gauche à la Constitution européenne. "Céder sa place à ceux qui n'ont pas respecté le vote des militants ? A ceux qui ont brouillé notre campagne ? A ceux qui ont divisé profondément le parti ? Ecoutez, franchement non !", s'est-il emporté, prônant "le rassemblement de la gauche, au-delà des électeurs qui ont pu voter 'oui' ou voter 'non', sur un projet crédible et mobilisateur".
"Rassemblement"
En face, depuis l'annonce des résultats, Laurent Fabius, son numéro deux au PS, est resté tout d'abord silencieux, réservant ses premiers commentaires pour le journal de 20h de TF1, lundi soir. Sortant alors de cette réserve qui avait un peu plus contribué à faire de son intervention un moment très attendu, il a lancé un appel au rassemblement du PS et de la gauche pour "ne pas décevoir l'espérance" des électeurs qui s'est manifestée, selon lui, dans le vote "non" au référendum.
"Ce qu'il faut maintenant, c'est écouter le message des électeurs : refus d'une certaine Europe, volonté d'une autre Europe (...) et préparer l'alternance." Il a souhaité "le rassemblement du PS avec ses électeurs, et des socialistes eux-mêmes autour d'un projet clair". Mais comme on lui demandait s'il souhaitait prendre le contrôle du PS, le député de Seine-maritime a répondu : "Non, la question ne se pose absolument pas ainsi".
"Rassemblement" : le terme est le même pour François Hollande et Laurent Fabius, malgré ce qui oppose les deux hommes. Si pour Marc Dolez, farouche opposant à la Constitution, la parole doit aller aux militants à qui François Hollande doit "remettre son mandat", il est actuellement le seul à tenir cette ligne "dure". Pour Vincent Peillon, co-fondateur du courant Nouveau Monde, qui prônait le "non" sans faire ouvertement campagne, il existe des "passerelles" au PS entre les partisans et les adversaires du texte. "Si on veut gagner en 2007, il faut rassembler en faisant un projet socialiste, avec la gauche, qui soit en cohérence avec le vote de dimanche", résume Paul Quilès, un proche de Laurent Fabius.
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