Villepin, le fidèle de Chirac aux commandes

le 31 mai 2005 à 11h50 , mis à jour le 31 mai 2005 à 12h47

Ancien très proche collaborateur du président, Dominique de Villepin, nommé Premier ministre est le stratège audacieux, parfois téméraire, de la chiraquie.

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Ancien très proche collaborateur du président, Dominique de Villepin, 51ans, nommé Premier ministre est le stratège audacieux, parfois téméraire, de la chiraquie. Cet homme élégant, intelligent et passionné, cultive le sens de la formule assassine. Il manie l'humour cinglant. Au risque de se faire beaucoup d'ennemis.

Ses détracteurs lui attribuent la responsabilité majeure de la dissolution ratée de 1997. Ils disent de cet homme de l'ombre qu'il n'a de la France qu'une vision romantique et ne connaît pas les Français. Né à Rabat le 14 novembre 1953, cet aristocrate est le fils de Xavier de Villepin, sénateur centriste des Français de l'étranger. Diplomate de carrière, il a longtemps vécu à l'étranger, notamment aux Etats-Unis et en Inde. Marié et père de trois enfants, ce passionné de sport, d'histoire et de littérature est aussi un écrivain.

Un regard sévère mais lucide

Dominique de Villepin porte sur "la comédie humaine" un regard sévère, mais souvent lucide. Il est aussi l'homme des fulgurances, des idées audacieuses. En 1995, alors que tous les oracles prédisaient la victoire assurée d'Edouard Balladur, il professait sa foi en l'élection de Jacques Chirac. Artisan majeur de cette victoire inattendue, Dominique de Villepin, directeur de cabinet d'Alain Juppé au ministère des Affaires étrangères, est récompensé de sa fidélité et de son audace par le poste stratégique de secrétaire général de l'Elysée. Pendant les deux années de gouvernement Juppé (1995-97), une parfaite harmonie règne entre l'Elysée et Matignon.

En 1997, alors que le gouvernement subit la fronde des balladuriens et des séguinistes et que les contraintes européennes font de la préparation du budget pour 1998 un exercice périlleux, Dominique de Villepin plaide pour la dissolution. Avec la volonté de donner une nouvelle légitimité à Alain Juppé. C'est l'échec avec le retour de la gauche au pouvoir autour de Lionel Jospin. L'étoile du secrétaire général pâlit. Beaucoup à droite demandent sa tête. Son départ pour l'ambassade de France à Washington est cent fois annoncé, mais Jacques Chirac, qui n'entend pas se défausser de sa propre responsabilité sur son brillant second, lui maintient sa confiance.

"Abracadabrantesque"

Tout au long d'une cohabitation tendue, Dominique de Villepin est l'interlocuteur privilégié du directeur de cabinet de Lionel Jospin, Olivier Schrameck, avec lequel il fait tourner la machine de l'Etat. Mais à Matignon, on l'accuse de diriger "un cabinet noir" pour riposter aux affaires touchant de plein fouet le chef de l'Etat. C'est lui qui a trouvé chez Rimbaud le célèbre "abracadabrantesque", lancé par Jacques Chirac pour répondre aux accusations de la cassette Méry en septembre 2000. Avec la même conviction qu'en 1995, Dominique de Villepin, qui semble ignorer le doute, proclame sa certitude d'une réélection de Jacques Chirac, à laquelle il ne cesse d'oeuvrer.

En 2002, après la réélection du chef de l'Etat, ce diplomate énarque est nommé ministre des Affaires étrangères. Il gagnera ses galons au Quai d'Orsay en portant la voix de la France lors de la crise irakienne. En 2004, il s'installe au ministère de l'Intérieur pour rattraper son retard en politique.

le 31 mai 2005 à 11:50
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