© INTERNELa Bibliothèque nationale de France, cet immense établissement public intemporel et labyrinthe culturel, n'est pas sans failles. Alors qu'elle abrite 35 millions d'objets divers, dont quinze millions d'imprimés et vingt millions de documents spécialisés, son système de sécurité laisse à désirer et nourrit les disparitions d'ouvrages.
Dans son édition de lundi, Le Figaro met en exergue un rapport sur "La sûreté des collections", établit en septembre 2004 par Jean-Noël Jeannerey, président de la BNF. Il fait état de "30 000 absences soit 0,3 % des collections […] La très grande majorité est constituée par des ouvrages des XIXème et XXème siècles". Ces disparitions, concernant entre autres 1183 documents appartenant au "cœur précieux" de la bibliothèque, ont été mises en évidence lors d'un inventaire "mené sur 10 millions d'unités" lors du déménagement des bibliothèques Richelieu et Versailles vers le site François Mitterrand. "Ces disparitions, dont les dates sont difficiles à établir, nous indignent sans vraiment nous surprendre car certains fonds n'ont pas été inspectés depuis très longtemps […] A un moment ou à un autre, il fallait faire émerger ses manques", explique Agnès Saal, directrice générale de l'établissement, dans le quotidien national.
Ce n'est pas la première fois que la BNF est au cœur d'un scandale de cette nature. Michel Garel, ancien conservateur du département des manuscrits hébraïques, est accusé du vol d'une centaine d'ouvrages. Mis en examen en examen en juillet 2004, il n'avait reconnu qu'un seul vol, celui du Manuscrit 52, un incunable du XIIIème siècle.
Dans un entretien au Figaro, il dénonce une vengeance de sa hiérarchie et revient sur ce manuscrit précieux qu'il a avoué avoir volé "pour rester libre" et échapper à la prison. "J'ai dit mon innocence dès le jour où j'ai été menotté. Je suis le bouc émissaire idéal du fait des rapports assez tendus que j'entretiens depuis une bonne dizaine d'années avec ma hiérarchie", assure-t-il. Michel Garel est convoqué mardi chez le juge d'instruction.
En attendant, la BNF a décidé de renforcer son système de sécurité pour protéger son patrimoine. Le Figaro parle de "procédures d'accréditations, vérification d'identité et modernisation de la vidéo surveillance".
Dans le même temps, l'établissement public renforce sa coopération avec les groupes spécialisés de la brigade de répression du banditisme et de l'Office central de lutte contre les trafics de biens culturels. Jean Noël Jeannerey de conclure dans son rapport : "L'administration doit chercher à se prémunir contre la défaillance ou la malveillance de ceux-là mêmes qui ont en charge le contrôle, et qui sont par nature faillibles…"
(Photo d'ouverture : photo d'archives)
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