© INTERNEL'affaire Adidas devrait enfin connaître son épilogue. La cour d'appel de Paris a commencé, mercredi, l'examen du conflit opposant Bernard Tapie à l'Etat sur les conditions de cession par le Crédit Lyonnais du groupe Adidas à Robert-Louis Dreyfus, les deux parties n'étant pas parvenues à s'entendre au cours d'une médiation d'environ six mois. Bernard Tapie n'assiste pas aux débats : interrogé sur France Inter, il a indiqué qu'il avait de la fièvre. L'affaire oppose depuis 1996 le Consortium de réalisation (CDR), l'organisme chargé d'assumer la gestion passée du Crédit Lyonnais en lieu et place de la banque, et les actionnaires minoritaires de Bernard Tapie Finance (BTF), c'est-à-dire essentiellement Bernard Tapie lui-même.
Bernard Tapie estime en effet avoir été illégalement privé d'une plus-value importante réalisée lors de la cession du groupe Adidas à Robert-Louis Dreyfus en 1993-1994 et en demande réparation par le versement de 990 millions d'euros, selon son avocat, Me Maurice Lantourne. Pour ce dernier, le Crédit Lyonnais a, dans la transaction contestée, pratiqué "un mélange des genres invraisemblable" puisque la banque, à l'époque publique, en tant que "banquier du vendeur BTF, (...) avait un mandat de vente d'Adidas et elle était également banquier de l'acquéreur", en l'occurence Robert-Louis Dreyfus.
La demande de réparation a été jugée manifestement excessive par le CDR qui lui, proposait d'abandonner "les 100 millions d'euros de créances dues par Bernard Tapie, mais pas sa dette fiscale de 40 millions d'euros", selon une source proche du dossier. Dès 1994, devant la commission d'enquête parlementaire sur la banque, l'ancien PDG du Crédit Lyonnais, Jean Peyrelevade, nommé peu après la vente d'Adidas, avait rejeté les arguments avancés aujourd'hui par M. Tapie, en expliquant que ce dernier avait acquis l'équipementier sportif grâce à un prêt accordé par la banque, garanti par la mise en hypothèque des titres de sa société.
Avant le procès qui doit durer toute la journée de mercredi, les deux parties ont vainement essayé de se rapprocher pendant environ six mois. Il appartient désormais aux magistrats de la 3e chambre de la cour d'appel de Paris de solder le litige entre le CDR et BTF.
Photo : Bernard Tapie (archives)
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