
Depuis qu'il est de retour au ministère de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy fait grincer beaucoup de dents. Après ses déclarations sur la nécessité de "nettoyer" la cité des 4.000, qui lui ont déjà valu les foudres de la gauche et de nombreuses associations, celles qu'il a faites mercredi en recevant au ministère les 39 généraux et colonels de gendarmerie hérissent les magistrats.
Revenant sur l'affaire Nelly Crémel, Nicolas Sarkozy a ainsi estimé que le juge ayant accepté la libération conditionnelle d'un des meurtriers présumés de la joggeuse (Patrick Gateau, condamné à perpétuité en 1990 pour assassinat) devait "payer". Et d'ajouter : "en Conseil des ministres, j'ai demandé au président de la République de demander au garde des Sceaux ce qu'il allait advenir du magistrat qui avait osé remettre un monstre pareil en liberté conditionnelle". D'ores et déjà, les syndicats de magistrats s'indignent.
"Le ministre de l'Intérieur surfe comme d'habitude sur une légitime émotion pour tenter de trouver un bouc-émissaire", a réagi l'Union syndicale des magistrats (majoritaire). "L'intervention de Sarkozy constitue une atteinte scandaleuse au principe de la séparation des pouvoirs exécutif et judiciaire, à l'indépendance de l'autorité judiciaire et aux fondements même de notre démocratie", a pour sa part estimé le Syndicat de la Magistrature (gauche).
"Je ne retire rien, je ne regrette rien"
Un peu plus tôt dans la journée, faisant front à la précédente polémique, Nicolas Sarkozy avait persisté dans sa volonté de "nettoyer" la cité des 4.000 en affirmant : "Chaque fois que ça sera nécessaire, on recommencera parce que les bonnes consciences qui acceptent l'inacceptable et qui sont choquées par les mots, elles ont construit la place d'une extrême droite scandaleuse depuis 25 ans dans notre pays. Nous allons faire reculer l'extrême droite, la pauvreté, la violence. Voilà ce qu'au nom du gouvernement de Dominique de Villepin j'ai voulu dire. Je ne retire rien, je ne regrette rien, je ferai ce que j'ai dit".
Invité mercredi soir du 19/20 de France 3, le Premier ministre n'a pas désavoué les propos de son bouillant ministre de l'Intérieur à La Courneuve : "Il n'y a pas de raison qu'il y ait deux poids deux mesures dans notre pays, qu'il y ait des quartiers dans lesquels la sécurité est assurée et des quartiers où elle le soit moins bien". Mais son soutien affiché semblait trahir un malaise. "Chacun aborde ces questions avec sa sensibilité", a observé Dominique de Villepin. "Dans ce gouvernement, entre Jean-Louis Borloo, Thierry Breton et Nicolas Sarkozy il y a des sensibilité différentes, ces sensibilités font la richesse de ce gouvernement."
Photo d'ouverture : Nicolas Sarkozy face aux habitants de la cité des 4.000, à La Courneuve - archives
Retour MYTF1
Chargement en cours...



