
Le Premier ministre Dominique de Villepin a affirmé vendredi sur France Inter que "rien ne saurait mettre en cause l'indépendance de la justice" à propos des déclarations de Nicolas Sarkozy sur l'affaire Crémel. Evoquant la libération conditionnelle du meurtrier, il a déclaré que "comme dans tout état de droit, les magistrats ont vocation à appliquer la loi, c'est ce qu'ils ont fait". Il a précisé aussi que "c'est un collège de magistrats qui a été amené à se prononcer, il l'a fait sur la base de la loi avec des avis d'experts". "La responsabilité des magistrats n'est donc pas en cause", a-t-il clairement indiqué.
Le ministre de l’Intérieur avait appelé mercredi à sanctionner le magistrat à l'origine de la libération conditionnelle de Patrick Gateau, condamné à perpétuité en 1990 pour assassinat et depuis suspecté d'avoir participé au meurtre de Nelly Crémel. Ce juge devait, selon le patron de la place Beauvau, "payer" pour sa "faute". Jeudi, à Aix-en-Provence, il a enfoncé le clou en affirmant que "62 millions de Français" se posaient les mêmes questions que lui. Le garde des Sceaux, dans un bref communiqué, avait quant à lui assuré que "la loi, toute la loi avait été respectée" lors de la libération conditionnelle.
Des leviers pour la croissance
Dans un tout autre domaine, le Premier ministre a indiqué n'avoir "aucune intention de mettre à bas notre droit du travail". "Mon plan est ciblé sur les très petites entreprises parce que c'est là qu'il y a des gisements d'emploi", a-t-il expliqué, tout en reconnaissant que "les entrepreneurs demandent un peu plus de souplesse : c'est difficile de prendre le risque d'embaucher si vous avez le sentiment que vous allez après être piégé". "Il faut pouvoir consolider dans un temps donné l'emploi, et c'est pour cela que nous avons prévu un délai de deux ans qui permet la consolidation de cet emploi", a-t-il indiqué concernant le contrat nouvelle embauche. Le Premier ministre effectuait d'ailleurs ce vendredi son premier déplacement en province, dans les Ardennes, sur le thème de l'emploi.
Déplorant que le baril à 60 dollars soit "une contrainte lourde qui pèse sur nous", Dominique de Villepin a assuré que cela ne voulait "pas dire que nous ne disposons pas de leviers pour agir". Il ne s'agit "pas d'attendre que la croissance revienne, il s'agit de lui donner des raisons de revenir", a-t-il déclaré. Interrogé sur le fait que son gouvernement allait légiférer par ordonnances sur l'emploi, le Premier ministre a souligné que "dans le domaine social, c'est quelque chose auquel nous avons eu fréquemment recours". "Nous sommes dans une situation d'urgence (…) Il n'y a pas d'autre moyen pour mettre en place un plan opérationnel au 1er septembre", a-t-il affirmé. "Mais ces ordonnances ne signifient pas que nous n'engageons pas le dialogue social et une forte concertation au Parlement, au contraire".
Enfin, alors que les Européens se divisent sur l'avenir de leur politique agricole, le Premier ministre a annoncé qu'il "recevrait dans les prochains jours" les organisations agricoles "pour réfléchir à l'avenir", avec le ministre de l'Agriculture Dominique Bussereau pour évoquer ce sujet. "Sur la PAC, en 2002-2003, nous avons accepté un compromis signé à 25 qui a garanti la PAC révisée jusqu'en 2013. Honorons nos engagements", a-t-il dit.
(Image d'archive)
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