
Il est des prises de paroles qui coûtent cher. Sauveur Gandolfi-Scheit en sait quelque chose. Ce médecin, propriétaire de deux cabinets installés depuis 30 ans dans un quartier populaire de Bastia (Haute-Corse), a vu son outil de travail partir en fumée, dans la nuit de jeudi à vendredi.
Vers 2h30, l'établissement a été entièrement soufflé par une charge explosive, endommageant plusieurs voitures garées aux alentours ainsi que la baie vitrée de l'entrée d'un immeuble HLM. Heureusement, la bombe n'a fait aucun blessé.
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| Le cabinet médical a été entièrement dévasté par la charge explosive |
"A l'Etat de prendre ses responsabilités"
Dans les jours qui suivirent, des responsables nationalistes ainsi qu'un communiqué du mouvement clandestins FLNC-Union des Combattants (FLNC-UC), avaient vertement critiqué l'élu, sans jamais le nommer. Le week-end dernier encore, un tract dirigé contre lui avait été distribué à Bastia par le syndicat d'étudiants indépendantistes Ghjuventu indipendentista (Jeunesse indépendantiste) qui jugeait "intolérable qu'il pense et dise que la solution aux problèmes de la Corse et des Corses est d'enfermer des nationalistes corses".
Dans le passé, Sauveur Gandolfi-Scheit avait déjà été la cible des clandestins. Dans la nuit du 22 au 23 mai, sa mairie de Biguglia – ainsi que celle de Furiani, située à quelques kilomètres - avait été fortement endommagée par un engin explosif. L'attentat n'a pas été revendiqué, tout comme celui de la nuit dernière. "Nous, les élus locaux, nous condamnons à chaque fois ces actions mais ça ne sert à rien. C'est à l'Etat de prendre ses responsabilités. Je ne sais pas s'il le fera", déplore l'élu.
"Tout sera mis en oeuvre" |
Photo : Nicolas Sarkozy et Sauveur Gandolfi-Scheit, le 26 Juillet 2002 à Bastia.
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