Azouz Begag, un sociologue venu des bidonvilles

le 03 juin 2005 à 08h24 , mis à jour le 03 juin 2005 à 08h33

Azouz Begag fait partie des nouveaux venus du gouvernement. A 48 ans, ce sociologue né dans la région lyonnaise de parents algériens, prend les fonctions de ministre délégué à la Promotion et de l'Egalité des chances.

azouz begag et dominique de villepin décembre 2004

La nomination au poste de ministre de la Promotion et de l'Egalité des chances d'Azouz Begag, 48 ans, est une consécration pour ce sociologue élevé dans les bidonvilles et les cités de la région lyonnaise, qui a consacré sa vie à la lutte contre les discriminations. Il y a un an, deux mois après avoir reçu la Légion d'Honneur, Azouz Begag s'était vu confier par Dominique de Villepin, alors ministre de l'Intérieur, un travail sur l'égalité des chances. Dans son rapport remis en décembre, il recommandait le recrutement dans la police des "minorités visibles" et la création de "brigades anti-discrimination" (BAD). Azouz Begag, qui appelait de ses voeux le remplacement du mot "intégration" par "promotion", semble avoir été entendu à en croire l'intitulé de son ministère. En revanche, Dominique de Villepin avait rejeté sa proposition d'instaurer des "statistiques ethniques". Azouz Begag a défendu par le passé le concept d'une "discrimination positive" à la française, que Nicolas Sarkozy avait remis sur le devant de la scène lors de son premier passage place Beauvau. Cette notion avait été qualifiée de "pas convenable" par Jacques Chirac.

Né le 5 février 1957 à Villeurbanne de parents d'origine algérienne, Azouz Begag avait rencontré le président en octobre 1995 lors d'un débat sur les banlieues à Vaulx-en-Velin, quinze jours après la mort de Khaled Kelkal, le terroriste islamiste originaire de cette ville. Begag s'en était alors pris à l'aspect "institutionnel" de cette rencontre, regrettant "l'absence de jeunes des quartiers venus parler avec leurs mots". Il avait alors expliqué à Jacques Chirac que "les jeunes bronzés se faisaient balancer des boîtes" de nuit. Lui-même, s'était plaint en 1996 de "délit de faciès" après s'être vu refuser l'entrée d'une agence bancaire lyonnaise. En mars 1998, c'est la "gauche plurielle" qu'il attaquait, lui reprochant de ne pas désigner suffisamment de candidats issus de l'immigration. Chroniqueur sur RTL, auteur de plusieurs ouvrages, ce chercheur du CNRS avait raconté son enfance dans "Le Gône de Chaâba" (1986). Cet ouvrage, dont un film a été tiré, lui avait valu de recevoir des tracts racistes. Un professeur de Bron, dans le Rhône, avait été muté pour avoir fait étudier à ses élèves cette biographie, jugée vulgaire par des parents. Azouz Begag s'est dit jeudi "très fier" de cette nomination annonçant qu'il allait entreprendre "un tour de France des inégalités des chances pour voir où il y a les principaux blocages".

(Photo : Azouz Begag et Dominique de Villepin en décembre 2004 - AFP)

le 03 juin 2005 à 08:24
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12 Commentaires

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  • Minouche, le 03/06/2005 à 15h24

    On ne peut lui souhaiter que du courage par ce qu'il va se retrouver confronter au racisme de certains français bien fermés mais la décision de Villepin montre une ouverture et une avancée pour la classe populaire magrébine qui fait bel et bien partie de la France d'en bas et d'une partie de l'électorat de 2007.

  • François de P., le 03/06/2005 à 13h48

    Monsieur de Villepin, une main de fer dans un gant de velours, un poète au verbe assassin (c'était à l'ONU en 2003, le monde entier s'en souvient),un homme qui allie culture, intelligence et audace. Il vient de nous faire une belle démonstration de cette dernière en choisissant quelqu'un de la France d'en bas.Merci Monsieur le premier ministre,nous vous faisons confiance et avons tous le regard braqué sur vous.Avec vous la France ne perdra pas de sa superbe comme certains le prétendent et s'en réjouissent à l'avance.Merci.

  • Samira, le 03/06/2005 à 12h53

    Coul pour ce ministre cela montre bien ke la france n'ai pas rasiste..............kel bel espoire pour le futur pas de diference.......je regret barnier il etait bel homme

  • Pascal, le 03/06/2005 à 12h27

    Bravo Monsieur Begag pour cette nomination Maintenant, il faudra bien un jour que ce type de nomination soit normale et que l'on n'en parle pas plus, comme si c'était naturel. On ne parle pas de la nomination de Nicolas Sarkosy parce qu'il est Hongrois d'origine, mais davantage sur ses compétences, son caractère, etc... Bon courage, bonne chance et encore bravo !!!!!!

  • Daniel, le 03/06/2005 à 12h20

    Voilà ce qui aurait du être fait depuis longtemps ! Je pense qu'une grande partie de la population attendait un tel choix pour un ministre et pas seulement la communauté maghrébine. 1 bon point pour le nouveau gouvernement.

  • Jounino, le 03/06/2005 à 11h34

    Bien vu, monsieur le premier ministre, étant donné votre perte de popularité, vous allez chercher l'électorat de nos jeunes français issus de l'immigration en vue de 2007! Pas folle la guêpe! Déjà que le gouvernement ne nous écoute pas pour le chomage et le pouvoir d'achat, on va écouter les jeunes qui sont refusés dans les boites de nuit! En tout cas, bienvenue à azouz begag! Espérons qu'ils ne le changeront pas!

  • Hannane daddi, le 03/06/2005 à 11h28

    Pour moi qui l'ai connu il y a de ce là 30 ans comme étudiant je lui souhaite du bon plaisir dans un gouvernement qui n' est pas réellement le sien mais bon il va essayer de réactiver les bons beurs de BRON/VAULX/VENISSIEUX ET VILLEURBANNE pour mr SARKOZY Nicolas et pour cela il à 2 ans pour parfaire sa démarche sociale pour la République 2007 ?

  • Rachid, le 03/06/2005 à 10h48

    Je ne suis pas de droite, mais je prefere Azouz Begag que malek boutih du PS. ce dernier ne cherche qu'a faire carriere.

  • Raphael, le 03/06/2005 à 10h41

    Un seul mot : Courage ! La tache est ardue mais en vaux le prix.

  • Fred, le 03/06/2005 à 10h30

    Lors d'une récente interview, Azouz Begag se refusait à "servir de caution " pour un qcq gouvernement... Avec ce ministère fantoche, force est de constater que c'est pourtant le cas

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