
Depuis les émeutes de la fin mai, la tension retombe peu à peu - même si elle reste toujours vive à Perpignan. Le week-end a ainsi été marqué par deux remises d'armes successives. La première a eu lieu samedi : un homme est venu remettre 17 armes à feu, toutes légalement détenues, au commissariat de la ville. La police n'a souhaité donner aucune information quant à l'identité ou l'appartenance communautaire de l'homme. Dimanche, sur Europe 1, Jean-Paul Alduy, le maire UMP de Perpignan a toutefois indiqué que la personne appartenait à la communauté gitane. Et le soir, une deuxième remise d'armes - 4 armes à feu et 22 armes blanches diverses -, elles aussi légalement détenues, a eu lieu au même commissariat.
Les armes remises samedi étaient un "riot gun", 2 carabines à canon scié, 1 revolver à grenaille et des vieux fusils et carabines, a précisé une source policière. L'homme a expliqué son geste par deux raisons : le travail d'explication des policiers auprès des communautés gitane et maghrébine depuis plusieurs jours, et l'annonce faite vendredi à Perpignan par le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy de la mise en place de "contrôles volants, perquisitions et actions systématiques" pour rechercher des armes. On ignore encore les types des armes remises dimanche. La police a ajouté qu'elle s'attendait à d'autres remises d'armes volontaires dans les prochains jours.
Au cours du week-end, aucun fait de violence urbaine n'a été enregistré. L'important dispositif policier déployé dans les quartiers du centre-ville, secoués par des émeutes il y a une semaine et en proie à d'importantes tensions communautaires, est toutefois maintenu. La tension entre les communautés maghrébine et gitane de la ville remonte aux meurtres d'un Franco-algérien, Mohamed Bey-Bachir, battu à mort par une bande de gitans le 22 mai -pour lequel six personnes ont été mises en examen-, et celui, le 29 mai, de Driss Ghaib, un homme d'origine marocaine touché de quatre balles tirées par un homme cagoulé qui a pris la fuite. Le deuxième meurtre avait relancé le 29 mai une soirée d'émeutes faisant huit blessés, dont deux par arme à feu. Dans la nuit de mardi à mercredi, sept personnes avaient été interpellées, dont cinq, 3 gitans et 2 maghrébins, en possession d'armes diverses (fusil à canon scié, sabres japonais, couteau et matraque).
Photo d'ouverture : voitures brûlées après les violences du 29 mai - archives
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