Breton : "Je n'ai rien à me reprocher"

le 29 juin 2005 à 09h04 , mis à jour le 29 juin 2005 à 12h20

Le ministre de l'Economie, dont les bureaux ont été perquisitionnés lundi, a affirmé ce matin sur Europe 1 qu'il n'avait "rien" à se" reprocher" dans l'affaire Rhodia.

Thierry Breton conférence de presse © LCI

Thierry Breton a affirmé mercredi sur Europe 1 qu'il n'avait "rien" à se" reprocher" dans l'affaire Rhodia. "Rien de ce qui m'a été présenté à moi-même, au conseil d'administration par le management, par la direction, par les commissaires aux comptes n'a heurté mon éthique, ma rigueur et ma déontologie", a assuré l'actuel ministre de l'Economie, qui a été administrateur de Rhodia de 1998 à 2002. Il a confirmé que son bureau avait été perquisitionné lundi à Bercy et que son ordinateur avait été contrôlé par le juge et les policiers. Il s'est dit un "un peu sidéré" par cette nouvelle, qui lui est parvenue alors qu'il était à New York, mais a souligné qu'il "ne la critique pas".

Il a rejeté l'idée que ces attaques puissent viser quelqu'un au-dessus de lui au gouvernement. Interrogé pour savoir s'il était fragilisé, il a répondu: "Je suis au combat" et je "tiens ma barque solidement". Il a également balayé les accusations de conflit d'intérêt, n'ayant "aucun intérêt personnel. Pour qu'il y ait conflit d'intérêt, il faut qu'il y ait intérêt", a-t-il insisté. Thierry Breton a également affirmé n'avoir eu "aucun intérêt personnel" dans la vente d'une filiale de Canal Plus à Thomson en 2002 - affaire qui a donné lieu à une perquisition au siège de la chaîne de télévision. "Il y a eu une vente effectivement (...) La transaction a été finalisée en janvier 2003. Moi ça faisait à l'époque quatre mois que j'étais président de France Télécom, je n'étais plus chez Thomson", a-t-il fait valoir.

Rappel

Thierry Breton, nommé ministre des Finances il y a seulement quatre mois, est concerné par plusieurs enquêtes judiciaires liées à son passé de chef d'entreprise, qui ont donné lieu à une série de perquisitions lundi et mardi jusqu'à son propre ministère. Ancien PDG de France Télécom, M. Breton a pris la succession le 28 février d'Hervé Gaymard, qui avait démissionné de son poste après avoir été pris pendant dix jours dans une tourmente de révélations sur son logement de fonction et son patrimoine. Ces enquêtes concernent d'une part une supposée présentation inexacte des comptes de l'entreprise chimique Rhodia entre 1999 et 2002, dont M. Breton a été administrateur, et d'autre part la vente en 2002 d'une filiale de Vivendi Universal (VU) à Thomson Multimedia, alors dirigé par M. Breton.

Les instructions judiciaires ont été toutes les deux ouvertes en octobre 2004. Celle de Rhodia a été confiée aux juges Henri Pons et Jean-Marie d'Huy, du pôle financier de Paris, et celle de VU à M. Pons. L'enquête sur Rhodia fait suite à deux plaintes déposées par deux actionnaires mécontents, Edouard Stern, le banquier français tué le 28 février à son domicile de Genève, et le financier Hughes de Lasteyrie, qui contrôle 0,8% du groupe chimique.

                         Thierry Breton au courant d'une gestion hasardeuse ?

Dans l’affaire Rhodia, les deux juges essaient de comprendre le degré de connaissance qu’avait Thierry Breton de la gestion et de la comptabilité de l’entreprise chimique dont il présidait le comité d’audit entre 1998 et 2002. En effet, l’actionnaire minoritaire Hugues de Lasteyrie a dénoncé "une politique systématique de dissimulation et de manipulation de l'information sur la situation de Rhodia mise en place semestre après semestre par la direction générale à partir du 30 juin 2000".
« On m’a tout caché » assure le ministre de l’Economie au Canard Enchaîné paru mercredi matin. Toutefois, l’hebdomadaire satirique s’interroge sur la version donnée par Thierry Breton. En effet, « il s’est maintenu à la tête du comité d’audit de Rhodia jusqu’en septembre 2002 (…). Or certains administrateurs semblaient mieux renseignés que lui, tel l’homme d’affaires belge Albert Frère qui a abandonné en juin 2002 le comité d’audit », ne voulant « plus couvrir une gestion hasardeuse de la boîte » explique Le Canard.

le 29 juin 2005 à 09:04
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5 Commentaires

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  • JC, le 29/06/2005 à 10h10

    C'est quand même marrant, Mr Breton n'était pas le seul administrateur de Rhodia que je sache ! Il y avait Fourtou, etc... et eux ont ne les perquisitionne pas ! Comme par hasard, cette affaire éclate au moment ou Sarko tire à boulet rouge sur la Justice !!! Comme par hasard, quelle coincidence... soyons sérieux, il serait temps que les juges arrêtent de se prendre pour des cowboys intouchables !!! Opération "Mani Pulite" Le Retour des juges en V.F. cette fois-ci !!!

  • Rde, le 29/06/2005 à 10h07

    Ils disent tous ça Mais quoi qu'on dise , on ne peut pas arriver et c'est triste à dire a de tel niveau de responsabilité et de rénumération sans avoir été un momemnt voyoux ou complice.

  • Philippe, le 29/06/2005 à 10h03

    Quand donc les faiseurs d'opinion (politiques, média, artistes, enseignants) cesseront-ils de parler des entreprises uniquement en termes de scandales ? Il est vrai que l'entreprise est un monde qu'ils ignorent. C'est pourtant l'entreprise qui dégage les richesses pour les payer. Mesdames et Messieurs les tenants de la "pensée", parlez aussi des succès des entreprises françaises : marchés remportés, embauches réalisées, bénéfices augmentés, produits innovés...et pas seulement des plans sociaux, des problèmes d'environnement, des chèques de départ des grands patrons (au fait qui critique les revenus des grands sportifs et des stars du show-bis ?), et des enquêtes judiciaires. Soyons tous plus "positifs" et notre pays de plus en plus triste retrouvera le chemin de la croissance.

  • Phil, le 29/06/2005 à 09h49

    Juste un mot. Chacun croira ce qu'il veut mais une affaire de plus en France qui, de plus, touche le gouvernement qu'est ce que cela est pour cette secte de corrompus qui monopolise le pouvoir.

  • Yg, le 29/06/2005 à 09h36

    Bizarre! Monsieur Breton était administrateur de Rhodia ET directeur de l?audit, à savoir il devait ou non accepter la présentation des comptes. Que son éthique ne soit pas entachée à ses yeux est une chose, mais il est curieux que des comptes arrangés puissent le laisser de marbre. Qu?en est il pour les comptes de la France ? Sur la finalisation de la vente, on doit savoir qu?une vente peut être finalisée à une date et la conte soit concrétisée bien plus tard. Mr Breton à bien finalisé la vente, ce n?est pas parce qu?il n?était plus administrateur de Vivendi au moment de la concrétisation qu?il n?est pas partie prenante. De mémoire d?autres ministres embringués dans des affaires dont ils ont étés blanchis par la suite ont démissionnés dès l?ouverture des « hostilités » ? Et ils se disent Gaullistes ! Tu parles Charles ?

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