© LCIThierry Breton a affirmé mercredi sur Europe 1 qu'il n'avait "rien" à se" reprocher" dans l'affaire Rhodia. "Rien de ce qui m'a été présenté à moi-même, au conseil d'administration par le management, par la direction, par les commissaires aux comptes n'a heurté mon éthique, ma rigueur et ma déontologie", a assuré l'actuel ministre de l'Economie, qui a été administrateur de Rhodia de 1998 à 2002. Il a confirmé que son bureau avait été perquisitionné lundi à Bercy et que son ordinateur avait été contrôlé par le juge et les policiers. Il s'est dit un "un peu sidéré" par cette nouvelle, qui lui est parvenue alors qu'il était à New York, mais a souligné qu'il "ne la critique pas".
Il a rejeté l'idée que ces attaques puissent viser quelqu'un au-dessus de lui au gouvernement. Interrogé pour savoir s'il était fragilisé, il a répondu: "Je suis au combat" et je "tiens ma barque solidement". Il a également balayé les accusations de conflit d'intérêt, n'ayant "aucun intérêt personnel. Pour qu'il y ait conflit d'intérêt, il faut qu'il y ait intérêt", a-t-il insisté. Thierry Breton a également affirmé n'avoir eu "aucun intérêt personnel" dans la vente d'une filiale de Canal Plus à Thomson en 2002 - affaire qui a donné lieu à une perquisition au siège de la chaîne de télévision. "Il y a eu une vente effectivement (...) La transaction a été finalisée en janvier 2003. Moi ça faisait à l'époque quatre mois que j'étais président de France Télécom, je n'étais plus chez Thomson", a-t-il fait valoir.
Rappel
Thierry Breton, nommé ministre des Finances il y a seulement quatre mois, est concerné par plusieurs enquêtes judiciaires liées à son passé de chef d'entreprise, qui ont donné lieu à une série de perquisitions lundi et mardi jusqu'à son propre ministère. Ancien PDG de France Télécom, M. Breton a pris la succession le 28 février d'Hervé Gaymard, qui avait démissionné de son poste après avoir été pris pendant dix jours dans une tourmente de révélations sur son logement de fonction et son patrimoine. Ces enquêtes concernent d'une part une supposée présentation inexacte des comptes de l'entreprise chimique Rhodia entre 1999 et 2002, dont M. Breton a été administrateur, et d'autre part la vente en 2002 d'une filiale de Vivendi Universal (VU) à Thomson Multimedia, alors dirigé par M. Breton.
Les instructions judiciaires ont été toutes les deux ouvertes en octobre 2004. Celle de Rhodia a été confiée aux juges Henri Pons et Jean-Marie d'Huy, du pôle financier de Paris, et celle de VU à M. Pons. L'enquête sur Rhodia fait suite à deux plaintes déposées par deux actionnaires mécontents, Edouard Stern, le banquier français tué le 28 février à son domicile de Genève, et le financier Hughes de Lasteyrie, qui contrôle 0,8% du groupe chimique.
| Thierry Breton au courant d'une gestion hasardeuse ? |
Dans l’affaire Rhodia, les deux juges essaient de comprendre le degré de connaissance qu’avait Thierry Breton de la gestion et de la comptabilité de l’entreprise chimique dont il présidait le comité d’audit entre 1998 et 2002. En effet, l’actionnaire minoritaire Hugues de Lasteyrie a dénoncé "une politique systématique de dissimulation et de manipulation de l'information sur la situation de Rhodia mise en place semestre après semestre par la direction générale à partir du 30 juin 2000". |
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