
Les communistes rêveraient-ils de faire leur la devise de l'Europe "Unis dans la diversité" ? A la différence du parti socialiste empêtré dans ses divisions post-référendaires, Marie-George Buffet bénéficie du plein soutien de sa base qui l'a suivie à 90% dans son combat contre la constitution européenne. Pas d'état d'âme, donc, avant d'entamer l'opération de capitalisation.
Mercredi, la "madone du 'non'" s'est donné pour ambition, de "faire bouger toute la gauche"… y compris des brebis égarées du "oui". "J'appelle des électeurs, des dirigeants, des responsables socialistes, Verts, à venir nous rejoindre", a-t-elle lancé. Et de plaider pour "une très grande mobilisation populaire, notamment lors du Conseil européen des 16 et 17 juin", pour "obliger Chirac à renégocier le traité".
"Clarté sur l'orientation"
Au P.S., même si tenants du 'oui' et du 'non' paraissent s'être retrouvés pour critiquer l'Exécutif en gestation, l'union n'est que de façade. Désavoué par son électorat traditionnel, François Hollande a indiqué mercredi qu'il demanderait aux socialistes "la clarté sur l'orientation, la clarté sur les équipes, la clarté sur la stratégie". Cette semaine, le premier secrétaire du PS et les responsables du parti, favorables au "oui", consultaient activement les fédérations pour préparer le conseil national prévu samedi 4 juin.
Selon Julien Dray, porte-parole du PS, François Hollande va "vraisemblablement proposer un congrès d'orientation", dont l'objet ne serait pas de "régler des comptes". Sanctionner Laurent Fabius et ceux qui l'ont suivi dans sa fronde ? La question est épineuse car elle revient à s'en prendre à celui qui a contribué à convaincre près de 60% des sympathisants socialistes à enfreindre la ligne du parti.
Fabius sanctionné ?
Dans une interview au Monde, daté de jeudi, Dominique Strauss-Kahn, membre du secrétariat national du P.S., se prononce implicitement pour des sanctions. "Je n'imagine pas que le PS puisse remplir sa mission et revenir au pouvoir en donnant l'exemple de la transgression des règles", indique-t-il. "Je ne suis pas certain que Laurent Fabius souhaite continuer avec nous [à la direction du PS]", indique-t-il. L'intéressé appréciera.
Quelle stratégie face à la gauche du "non" ? "Si la [elle] se donne pour but de travailler à une alternative crédible de gauche crédible, l'espoir aura trouvé un chemin. En attendant, le PS doit bâtir le sien", répond DSK. Marie-George Buffet, elle, n'a pas attendu. Mercredi matin, elle semblait même faire le pari - risqué - d'un avenir sans le PS. Sans le PS des Hollande et DSK, à tout le moins.
(Image d'archive : Marie-George Buffet)
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