
Deux affaires de liposuccion qui ont tourné au drame étaient examinées mercredi par la 6ème chambre civile du tribunal de grande instance de Bordeaux, qui a mis sa décision en délibéré au 19 octobre. Dans le premier dossier, Bernadette Méline, une mère de cinq enfants, âgée de 55 ans, est décédée en décembre 1997, deux jours après une liposuccion des hanches et une lipectomie (ablation d'une masse graisseuse) du ventre réalisées dans une clinique bordelaise. La seconde affaire concerne Clotilde Besse, 53 ans, qui a passé 40 jours dans le service des maladies infectieuses du CHU de Bordeaux, entre la vie et la mort, après une opération des jambes par lipoaspiration dans un autre établissement.
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Publié le 09/02/2011
Mercredi, l'avocate de Bernadette Méline, Me Christine Maze, a réclamé près de 300.000 euros d'indemnités aux trois médecins - le chirurgien, l'anesthésiste et le cardiologue - sur la base d'un dossier qu'elle décrit comme une "catastrophe". Selon Me Maze, le chirurgien n'aurait pas suffisamment informé sa patiente des "risques importants" encourus pour un tel acte. Souffrant d'une hypertension importante, la veille de l'intervention, le médecin aurait dû également ajourner l'acte chirurgical, a-t-elle souligné. L'ensemble de l'équipe médicale n'a pas mis en place des "moyens de réanimation adaptés" quand l'état de Bernadette Méline s'est aggravé juste après l'intervention, a poursuivi l'avocate.
"Négligences"
Mais pour l'avocat du praticien, Me Georges Lacoeuilhe, la responsabilité de son client doit être écartée car "un spécialiste en réanimation", l'anesthésiste, était présent. Ce procès s'inscrit dans "un opportunisme judiciaire", a estimé Me Lacoeuilhe, rappelant qu'une première procédure pénale s'était conclue par un non-lieu.
Dans la seconde affaire, où Me Maze défendait également la victime et son époux, l'avocate a estimé que Clotilde Besse avait été trompée par le médecin généraliste car elle croyait avoir à faire "à un chirurgien esthétique". De nombreuses "négligences", selon elle, ont conduit à la sévère infection et à l'hospitalisation de Mme Besse : "manque d'information sur les risques", "pas de douche pré-opératoire" et "pas de diagnostic sur l'infection". L'avocate a dénoncé la faible sanction prononcée par le conseil national de l'Ordre des médecins à l'encontre du généraliste : 15 jours de suspension avec sursis après une procédure "non contradictoire", alors que quelques mois auparavant le conseil régional de l'Ordre avait suspendu le médecin pour 24 mois. "S'il y a un fautif, c'est le personnel de la clinique", a invoqué l'avocat du médecin, Me Jean-Jacques Bertin. Selon lui, "il y a une volonté de se faire de l'argent avec ce dossier".
Photo d'ouverture : le dossier Méline - DR
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