© LCIDepuis ce 29 mai 2005, à chaque jour sa nouveauté. Il est en effet rarissime qu'un ministre "viré" du gouvernement pique un coup de colère publiquement dès le lendemain, qui plus est contre le président de la République. Mais apparemment, pour François Filon, grande victime de ce remaniement, la coupe est pleine. Il n'a pas du tout apprécié la façon dont le chef de l'Etat l'a traité. "Chirac m'a appelé, il ne m'a pas dit un mot de ce que j'avais fait au gouvernement", lâche l'ancien ministre de l'Education dans une interview au Monde de samedi. Et d'expliquer : "Quand on fera le bilan de Chirac, on ne se souviendra de rien. Sauf de mes réformes".
François Fillon semble également lancer l'offensive des sarkozystes écartés contre le chef de l'Etat. "En me virant du gouvernement, ils ont fait de moi un directeur de campagne avant l'heure...". "Je vais l'investir à fond dans l'UMP, préparer les échéances futures pour Nicolas Sarkozy en 2007", explique-t-il. Il ajoute qu'il va se "faire élire au Sénat en septembre".
A la mi-journée, François Fillon a été reçu un quart d'heure à l'Hôtel Matignon. Il n'a fait aucune déclaration à sa sortie, pas plus qu'il n'en avait fait peu auparavant lors de sa passation de pouvoirs avec Gilles de Robien, rue de Grenelle. François Fillon a préféré que le passage de relais se fasse loin des caméras, dans son bureau. Le visage fermé, il a ensuite quitté à pied le ministère, sous les applaudissements des personnels massés dans la cour et aux fenêtres. Sur le perron, après son départ, le nouveau ministre de l'Education lui a rendu un hommage appuyé. "J'ai salué mon ami François", a dit Gilles de Robien. "Nos rapports sont amicaux et ça s'est passé très amicalement, dans le bureau."
"Décapition"
Autre grand partant après le changement de Premier ministre, Michel Barnier. Dans un autre style que François Fillon mais avec une formule toute aussi peu diplomatique, il a fait ses adieux vendredi au ministère des Affaires étrangères en dénonçant la "décapitation" de l'équipe ministérielle du Quai d'Orsay et en enjoignant la classe politique de changer radicalement d'attitude à l'égard de l'Europe. "Ainsi le rejet de la Constitution européenne et le changement qui l'a suivi auront-ils eu pour conséquence de décapiter l'équipe ministérielle du Quai d'Orsay", a-t-il affirmé, visiblement ému, devant le personnel du ministère avant de passer le flambeau à son successeur, Philippe Douste-Blazy.
"Je connais les règles et les lois de la politique. Elles sont dures. Elles n'interdisent pas cependant d'exprimer des regrets. Celui que nous avons tous les quatre, en particulier, de vous quitter plus tôt, beaucoup plus tôt, que nous l'avions prévu et que cela nous avait été dit", a-t-il expliqué.
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