La colère de Fillon, l'amertume de Barnier

Par , le 03 juin 2005 à 15h14 , mis à jour le 03 juin 2005 à 15h50

Les deux hommes sont les grands perdants du remaniement. L'ancien ministre de l'Education estime que "du bilan de Chirac, on ne se souviendra de rien". L'ancien ministre des Affaires étrangères parle, lui, de "décapitation du quai d'Orsay".

François Fillon passation pouvoir Robien ministre Education nationale © LCI

Depuis ce 29 mai 2005, à chaque jour sa nouveauté. Il est en effet rarissime qu'un ministre "viré" du gouvernement pique un coup de colère publiquement dès le lendemain, qui plus est contre le président de la République. Mais apparemment, pour François Filon, grande victime de ce remaniement, la coupe est pleine. Il n'a pas du tout apprécié la façon dont le chef de l'Etat l'a traité. "Chirac m'a appelé, il ne m'a pas dit un mot de ce que j'avais fait au gouvernement", lâche l'ancien ministre de l'Education dans une interview au Monde de samedi. Et d'expliquer : "Quand on fera le bilan de Chirac, on ne se souviendra de rien. Sauf de mes réformes".

François Fillon semble également lancer l'offensive des sarkozystes écartés contre le chef de l'Etat. "En me virant du gouvernement, ils ont fait de moi un directeur de campagne avant l'heure...". "Je vais l'investir à fond dans l'UMP, préparer les échéances futures pour Nicolas Sarkozy en 2007", explique-t-il. Il ajoute qu'il va se "faire élire au Sénat en septembre".

A la mi-journée, François Fillon a été reçu un quart d'heure à l'Hôtel Matignon. Il n'a fait aucune déclaration à sa sortie, pas plus qu'il n'en avait fait peu auparavant lors de sa passation de pouvoirs avec Gilles de Robien, rue de Grenelle. François Fillon a préféré que le passage de relais se fasse loin des caméras, dans son bureau. Le visage fermé, il a ensuite quitté à pied le ministère, sous les applaudissements des personnels massés dans la cour et aux fenêtres. Sur le perron, après son départ, le nouveau ministre de l'Education lui a rendu un hommage appuyé. "J'ai salué mon ami François", a dit Gilles de Robien. "Nos rapports sont amicaux et ça s'est passé très amicalement, dans le bureau."

"Décapition"

Autre grand partant après le changement de Premier ministre, Michel Barnier. Dans un autre style que François Fillon mais avec une formule toute aussi peu diplomatique, il a fait ses adieux vendredi au ministère des Affaires étrangères en dénonçant la "décapitation" de l'équipe ministérielle du Quai d'Orsay et en enjoignant la classe politique de changer radicalement d'attitude à l'égard de l'Europe. "Ainsi le rejet de la Constitution européenne et le changement qui l'a suivi auront-ils eu pour conséquence de décapiter l'équipe ministérielle du Quai d'Orsay", a-t-il affirmé, visiblement ému, devant le personnel du ministère avant de passer le flambeau à son successeur, Philippe Douste-Blazy.

"Je connais les règles et les lois de la politique. Elles sont dures. Elles n'interdisent pas cependant d'exprimer des regrets. Celui que nous avons tous les quatre, en particulier, de vous quitter plus tôt, beaucoup plus tôt, que nous l'avions prévu et que cela nous avait été dit", a-t-il expliqué.

Par Renaud Pila le 03 juin 2005 à 15:14
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31 Commentaires

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  • Jeb Bush for President in 08, le 03/06/2005 à 17h28

    Personellement, il y a une chose que je n'ai pas comprise. Est-ce que les francais ont vote non a cause du gouvernement ou a cause de la constituion europeenne. L'un n'a rien avoir avec l'autre. La constitution europeenne avait 484 articles. C'etait une longue constitution qui n'avait aucun sens. Maintenant, les francais s'attendent a un miracle. Bilan de la gauche sous tonton: 0. Le socialisme ne marche pas en economie chers francais et francaises. Bilan Chirac: 0. Une droite francaise qui veut plaire a la gauche et aux syndicat n'accomplira rien. Maintenant, tout ceux qui ont vote non a la constitution a cause du gouvernement francaise: c'est des cretins. Tous les francaise qui ont vote non a la constitution a cause de l'entree des nouveaux pays l'Est et la monnnaie unique sans la consultation du peuple: Bravo, continuez a guardez votre identite francaise (Beaucoup de gens vous envient). Tous le putchistes, trotskistes et gauchistes a la con qui lancent leurs bombes pour un monde plus sociales: "ARRETEZ DE FUMER!". Tous les FNistes qui sont contents et qui n'ont fait que de dtruire la droite en disant des conneries depuis 30 ans: "Bravo vous avez reussi a trouver des pigeons"

  • Laurence, le 03/06/2005 à 17h19

    Eh oui monsieur Fillon les français qui viennent d'etre licencié font la même tête que vous à une différence près c'est qu'ils n'ont pas les privilèges dont vous continuerez de jouir.Vous vous êtes assuré de retrouver un emploi ce n'est pas le cas de tous.Certains galèrent des mois voir des années pour retrouver un emploi et ou sont obligés de faire de gros sacrifices au niveau de leur salaire pour ne pas continuer de pointer aux Assedic.Ca c'est sûr que lorsque viendra l'heure de faire le bilan de Jacques Chirac il ne sera pas difficile à faire .Quant à vous votre action n'aura pas de quoi marquer l'histoire non plus .Ah pouvoir quand tu nous tiens.....

  • Yvon, le 03/06/2005 à 17h15

    C'est assez pathétique, le comportement des ministres virés. Ils pensaient qu'ils étaient eternels ou intouchables. De toute façon, leur absence ne manquera personne. Par contre, ils verront leurs privilèges sévèrement amoindris. Et le temps qu'ils se mettent à la place des gens qui se font licencier à longueur de journée n'empêchera le monde politique de tourner. Je dirai simplement " le monde du chomage vous souhaite la bienvenue aux anciens ministres, devénus intermittents de l'UMP"

  • Seb, le 03/06/2005 à 17h11

    Ne comparez pas un licenciement avec le fait d'être viré comme un mal propre d'un gouvernement. La réforme FILLON : une excellente réforme. Le problème c'est qu'en France dès que qq'un bouge on lui tape dessus. Il suffit d'une poignée de syndicalistes (qui ne représentent même pas 10% des salariés) prennent en otage le pays comme hier à Paris pour que tout soit stopé ! Vives les réformes et les vrais ! Elles sont urgentes !!!!

  • Vastre, le 03/06/2005 à 17h05

    Je comprends qu'ils soient amers. Mais ils ont finalement de la chance de n'avoir pas embarqué sur le radeau de la méduse. Ils vont ainsi éviter un périlleux naufrage !

  • Eric, le 03/06/2005 à 17h03

    Un ministre viré touche encore 6 mois son salaire et c'est tout. Ils n'ont pas le chômage. Arretez de dire qu'ils n'ont rien fait et qu'ils vont s'en mettre plein les poches toute leur vie. Lorsque l'on ne sait pas, on se tait. Le général de Gaulle avait raison, "les Français sont des veaux" ... et des petits pleurnichards.

  • Pascal, le 03/06/2005 à 16h48

    Ils toucheront leur retraite de ministre sans avoir cotisé 40 ans (ni meme 37,5) et sans attendre 60 ans comme c'est le cas pour les salariés. C'est tout bonnement scandaleux. Pascal.

  • Saint marc, le 03/06/2005 à 16h47

    Fillon et les autres passent. Un chien aboie. Ce n'est pas le plus grave. Ce qui est intéressant à constater ce sont les premières fissures qui ne touchent pas seulement les couches superficielles de l'Europe mais qui semblent toucher les structures essentielles. L'un souhaite le retour de la lire; un autre , en faux cul parfait, reintroduit le mark dans les cabines téléphoniques, un troisième parle de clouer le cercueil de l'Europe.Les hollandais refusent à leur tour une participation financière européenne confiscatoire. La nouvelle ligne @ Maginot va se reconstruire sous peu.

  • Sebastien, le 03/06/2005 à 16h45

    Comme dirait un certain jean-pierre : win the yes, need the no, to win against the no ! Franchement inoubliable (^____^)/ Sacré jean-pierre !

  • Thierry, le 03/06/2005 à 16h45

    Je dis Bravo aux français. Je regardais LCI ce matin, il faut savoir que tous ces politologues, débatteurs et cie prennent aujourd'hui des pincettes quand ils l'ouvrent. Je crois que le gouvernement actuel, c'est le gouvernement de la dernière chance pour la droite. Quand à Fillon et Barnier, deux prétentieux qui s'en foutaient il n'y a pas si longtemps du mécontentement des gens. C'est grâce à nos votes s'ils sont dehors now. Bien fait pour eux. C'est bien de faire des réformes. Mais vaut mieux ne pas en faire si on fout la merde. Ca fait déjà deux oreilles fermées à la porte. La suite ?

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