
Il était recouvert d'herbe et de branchages. Le corps de Nelly Crémel, disparue il y a huit jours, a été retrouvé vendredi en fin d'après-midi dans un bois près de la Ferté-sous-Jouarre, en Seine-et-Marne. Le cadavre de cette mère de famille de 39 ans a été formellement identifié en début de soirée par les enquêteurs. Le corps sera autopsié, "au plus tard samedi matin" à l'Institut médico-légal (IML) de Paris, a précisé à l'AFP le lieutenant-colonel Jean-Philippe, directeur d'enquête. Une information judiciaire pour "assassinat" a ét ouverte vendredi dans la soirée.
Dès la découverte du corps à la suite du témoignage d'un homme qui s'était présenté dans l'après-midi à la brigade de la Ferté-sous-Jouarre pour signaler sa présence, les gendarmes avaient bouclé ce secteur boisé, situé à quelques kilomètres de Reuil-en-Brie, où habite Nelly Crémel. Ce bouclage a permis aux enquêteurs de procéder à l'identification du corps et à isoler la "scène du crime" (l'endroit où se trouve un corps) afin de recueillir des éléments matériels ou de relever des traces.
Peut être enlevée
Selon le lieutenant-colonel Guerin, le corps a été retrouvé "sur un chemin qui n'était pas emprunté habituellement par Nelly Crémel", ce qui signifierait que la jeune femme a pu être enlevée ou que le corps a été déplacé après sa mort. Le juge d'instruction Nicolas Guillou, en charge de l'information judicaire, et le procureur de la République de Meaux René Pech se sont rendus sur les lieux.
Nelly Crémel n'avait plus donné signe de vie depuis le 2 juin. Ce jour là, comme chaque matin, cette femme sportive avait quitté à 10H30 son domicile de Reuil-en-Brie pour courir près de 7 km jusqu'au village voisin de Luzancy, en suivant une route sinueuse et peu empruntée, bordée de rares habitations. Selon un témoin, elle aurait ensuite rebroussé chemin à la hauteur du monument aux morts de Luzancy. A 19H40, sans nouvelles, M. Crémel, commandant de l'armée de terre à la Direction générale de sécurité extérieure (DGSE, services secrets), avait donné l'alerte.
Grande mobilisation
Dès le jour de sa disparition, les gendarmes avaient déployé des moyens de grande ampleur : gardes républicains à cheval, maîtres-chiens et plongeurs pour sonder des secteurs de la Marne. Mais leur tâche avait été rendue difficile en raison de bois touffus et des nombreuses cavités jalonnant le circuit emprunté par Mme Crémel. Près de 30 km2 avaient été ratissés.
Outre ce travail "opérationnel", cinquante enquêteurs avaient été mobilisés à temps plein pour interroger des riverains, des témoins ou des "personnes fichées", recueillant près de 400 auditions. Trois personnes avaient été placées en garde à vue et vite relâchées. Après un premier avis de recherche sans résultats concrets, la gendarmerie avait décidé d'élargir, vendredi, les recherches par un numéro vert (0800 206 682). "Le temps joue contre nous", déclarait dans l'après-midi lors d'un point-presse le lieutenant-colonel Guerin.
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