© France 2Il récidive. Qu'on se le dise, Nicolas Sarkozy n'a pas l'intention de se laisser impressionner. Et surtout pas par ceux qui lui reprochent d'avoir affirmé qu'il voulait "nettoyer au Kärcher" la cité des 4.000 de la Courneuve après la mort par balle d'un enfant de 11 ans. Invité vendredi du 20 heures de France 2, Nicolas Sarkozy s'en est pris aux "professionnels de la pensée unique", tous ceux qui parlent sans rien faire depuis si longtemps, eh bien, aujourd'hui, ils ont raison de s'inquiéter parce qu'on a décidé d'agir", a assuré le ministre de l'Intérieur.
A "ceux qui poussent des cris d'orfraie, ceux qui sont choqués par le verbe 'nettoyer', je (leur) confirme, mon devoir c'est de nettoyer la cité des 4.000 des trafics et des trafiquants", a prévenu le ministre de l'Intérieur. Il a insisté en indiquant que "tous les jours, nous envoyons la police (aux 4.000) pour obtenir des résultats parce que les plus pauvres et les plus démunis de nos compatriotes ont besoin de la sécurité".
Plus de sursis
Après l'affaire Crémel (du nom de cette mère de famille tuée le 2 juin par deux hommes, dont un condamné à perpétuité pour assassinat en 1990, en libération conditionnelle depuis 2003), Nicolas Sarkozy a proposé qu'un représentant des associations de victimes soit systématiquement présent lors des décisions de remise en liberté conditionnelle. "Après tout (...) les victimes ont peut-être des choses à dire lorsqu'on relâche des assassins, des criminels ou des délinquants", a-t-il estimé. Le ministre d'Etat a également souhaité la suppression du sursis et de l'aménagement de peine pour les multirécidivistes. "Les multirécidivistes maintenant, ça suffit", a déclaré le ministre de l'Intérieur.
Et à ceux qui l'accusent de vouloir chasser sur les terres du Front national, Nicolas Sarkozy a précisé : "Chaque fois que l'on dit quelque chose de bon sens, on se rapproche de Jean-Marie Le Pen ? J'ai toujours combattu Jean-Marie Le Pen". Une déclaration suivie d'une précision : "C'est moi qui ai aboli la double peine, c'est moi qui ai voulu que les musulmans de France aient une instance, c'est moi qui parle pour la discrimination positive". Le ministre de l'Intérieur a estimé, en visant sans les nommer les socialistes, que ceux qui "ont profité de Jean-Marie Le Pen pendant les deux septennats de François Mitterrand" n'avaient pas de "leçons" à lui donner aujourd'hui. Il persiste et il signe.
Pour le SM, Sarkozy "fait preuve de son irresponsabilité" |
Le Syndicat de la magistrature (SM, gauche) a estimé vendredi que le ministre de l'Intérieur "fait preuve de son irresponsabilité" en préconisant la suppression du sursis et des aménagements de peine pour les multirécidivistes. "Il fait aussi preuve de son inconséquence politique alors que le majorité dont il est le leader a prétendu relancer les aménagements de peine", a déclaré à l'AFP Côme Jacqmin, secrétaire général du SM. "Il appartient au Premier ministre et au président de la République de l'arrêter", a-t-il ajouté. "Les aménagements de peine constituent justement l'un des moyens de favoriser la réinsertion et de prévenir la récidive. M. Sarkozy nous propose un projet de société basé sur l'exclusion et la relégation des plus faibles. Le thème de l'insécurité est une nouvelle fois utilisé pour cacher les faiblesses d'un programme politique dont le scrutin du 29 mai a révélé le rejet", a-t-il conclu. La suppression du sursis et de l'aménagement des peines pour les multirécidivistes préconisée par Nicolas Sarkozy est "un recul extrêmement inquiétant", a estimé l'Association nationale des juges de l'application des peines (Anjap). |
(Nicolas Sarkozy vendredi soir sur France 2/DR)
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