
"François Hollande dirige un Parti socialiste devenu bateau ivre. Après avoir été désavoué par son électorat le 29 mai, il continue de divaguer". Voilà la réaction cinglante de Carl Lang, numéro trois du Front national au refus de François Hollande de participer lundi à la réunion sur l'Europe du Premier ministre en raison de la présence du parti d'extrême-droite. Le représentant du parti extrémiste de ponctuer : "C'est dommage pour le PS mais c'est mieux pour la France".
"Le Front national a été partie prenante dans cette bataille du "Non" à la Constitution, il aurait été inconcevable de ne pas entendre les représentants du courant national et patriote qui est le nôtre, même si cela déplaît à François Hollande", a déclaré Carl Lang, qui était accompagné de l'eurodéputé Jean-Claude Martinez. Pour le dirigeant frontiste, "la gauche française reste la gauche la plus bête du monde et la plus sectaire, la plus intolérante". "Je pensais que le Parti socialiste était favorable à l'égalité des droits. Eh bien, qu'il commence par l'égalité des droits des citoyens", a-t-il ajouté.
"Banalisation de l'extrême-droite"
A l'origine, les discussions devaient tourner autour de l'Europe et les raisons du "non" au référendum. Une fois encore, elles ont versé dans le fossé du débat sur l'extrême droite. Car, pour la première fois depuis plus de dix ans, le parti de Jean-Marie Le Pen était convié à Matignon, au même titre que les autres partis. Une invitation "naturelle" pour le patron de l'UMP, Nicolas Sarkozy. Pas pour François Hollande.
Le numéro un socialiste a estimé que la présence du FN "ne peut être interprétée que comme une banalisation de l'extrême droite, de ses dirigeants, et donc de ses thèses". Face à "un climat social dégradé (...), l'exaspération et la colère qui se sont manifestées lors du référendum du 29 mai, vouloir courtiser le populisme, faire des ronds de jambes au parti de Jean-Marie Le Pen et mépriser le Parlement, c'est tout sauf prendre la mesure de la situation du pays", a-t-il mis en garde, rappelant que le gouvernement avait décidé de recourir aux ordonnances pour ses mesures sur l'emploi.
"Le choix de venir"
Le président de l'UMP a jugé normal lundi qu'une délégation du FN soit reçue à Matignon. "Ce n'est pas moi qui ai fait que le Front national a des élus et un groupe au Parlement européen, ce sont les Français. Il et été invraisemblable, dans le souci de la démocratie, de ne pas discuter avec tous les représentants élus démocratiquement par le peuple français", a dit Nicolas Sarkozy.
Confrontés au même dilemme, les communistes ont décidé de répondre favorablement à l'invitation de Dominique de Villepin. "Moi, j'ai préféré faire le choix de venir dire en face au Premier ministre ma colère de cette invitation", a expliqué Marie-George Buffet qui n'a pas manqué par ailleurs d'occuper l'espace médiatique laissant vacant à gauche.
Pour sa part, le Vert Yann Wehrling a "fait part de son inquiétude quant à la politique que le ministre de l'Intérieur envisage, qui se base largement sur un certain populisme. "Je ne peux m'empêcher de faire aujourd'hui le parallèle avec le fait que le Premier ministre ait reçu le Front national", a-t-il dit expliqué à l'issue de son entretien.
L'Europe, l'autre sujet du jour... |
Le président de l'UMP a plaidé pour une "suspension de l'élargissement tant que les institutions n'ont pas été rénovées", sauf pour la Roumanie et la Bulgarie. Pour François Bayrou (UDF), il faut "poser la question de confiance" et demander aux 25 s'ils sont "toujours pour bâtir une union politique capable de peser sur la scène du monde". Passionaria du "non", Marie-George Buffet (PCF) a réclamé "une consultation populaire dès la rentrée". "Partons des droits des citoyens européens, après on verra les questions institutionnelles et économiques", a-t-elle expliqué. |
(Image LCI : arrivée de la délégation du FN à Matignon )
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