
A la veille d'un sommet européen particulièrement difficile, un débat sur l'Europe s'est tenu mercredi à l'Assemblé nationale. Premier à prendre la parole, le Premier ministre a tenu à mettre au point un certain nombre de choses en tirant les leçons du scrutin du 29 mai. Dominique de Villepin a ainsi affirmé que "la question du lien entre élargissement et approfondissement de l'Union était désormais posée". "Nous savons tous que la rapidité de l'élargissement, si elle a répondu à un véritable impératif historique, n'en a pas moins heurté beaucoup de nos concitoyens", a-t-il déclaré.
"Les Français veulent savoir dans quelle Europe ils construiront leur avenir et quelles seront ses frontières. (…) Les engagements pris à l'égard de la Bulgarie et de la Roumanie seront tenus en veillant avec une attention particulière au respect des critères fixés", a-t-il poursuivi. "Mais au-delà, nous devons certainement ouvrir une réflexion avec nos partenaires, dans le respect de nos engagements, sur les modalités des élargissements futurs". La Turquie n'a pas été citée mais elle était dans toutes les têtes. Edouard Balladire lui a indiqué qu' "il fallait différer pour longtemps tout nouvel élargissement", excluant ainsi une éventuelle entrée d'Ankara dans l'UE.
"Le compromis de Nice ne peut pas être une solution durable"
Revenant sur le débat du moment, le Premier ministre a voulu réaffirmer la position française : "faut-il interrompre le processus de ratification ou le poursuivre ? La France s'est déjà prononcée. Il appartient désormais à chaque Etat de s'exprimer à son tour suivant les modalités qu'il aura choisies. C'est le respect de la démocratie. C'est aussi le signe le plus clair de notre volonté de préserver l'unité européenne et l'expression de chacun", a-t-il ajouté. "A 25, nous devons inventer de nouvelles règles de fonctionnement. En rester au compromis de Nice ne peut pas être une solution durable", a poursuivi Dominique de Villepin.
Le chef du gouvernement a également estimé que le vote négatif des Français le 29 mai avait posé la question du modèle économique et social européen. "L'Europe est-elle d'inspiration purement libérale, comme le raignent certains ? Doit-elle renforcer sa dimension sociale ? En France comme en Europe, je crois que la vérité est plutôt dans le dépassement de ce clivage, dans la fidélité à un héritage universaliste et humaniste", a-t-il dit. "L'exigence d'initiative n'est pas contradictoire avec le besoin de solidarité. Elle est même complémentaire", a-t-il ajouté.
A gauche, le président du groupe PS Jean-Marc Ayrault a jugé que Jacques Chirac, par ses "calculs d'épicier" et ses "renoncements", était devenu "l'un des problèmes de l'Europe" après le "non" des Français au référendum sur la Constitution européenne. "Ne cherchons pas de bouc émissaire", lui a répondu Dominique de Villepin.
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