Florence Aubenas retrouve les siens

le 13 juin 2005 à 08h35 , mis à jour le 13 juin 2005 à 12h25

Florence Aubenas a passé sa première nuit en France et est actuellement questionnée par la DGSE. Libérée samedi après-midi, elle a été accueillie dimanche soir par Jacques Chirac et ses proches, à l'aéroport militaire de Villacoublay.

Retrouvailles... puis, longues accolades entre Florence Aubenas, émue, et ses proches. © DR

La journaliste Florence Aubenas a passé sa première nuit "libre" en France, près d'Orléans, où elle est encore entendue par les agents de la DGSE. Libérée samedi après cinq mois de captivité en Irak, elle a retrouvé le sol français, souriante, décontractée et sous les applaudissements, dimanche soir, sur la base militaire de Villacoublay, près de Paris. Outre sa famille, Jacques Chirac était présent ainsi que le directeur de la rédaction de Libération, Antoine de Gaudemar, tandis que le directeur de Libération, Serge July, avait voyagé avec elle depuis Chypre, dans le Falcon envoyé par le Quai d'Orsay.

Florence Aubenas, après un entretien non public avec ses proches et le chef de l'Etat, devait ensuite parler à la presse. Mais tous les journalistes rassemblés sur le tarmac pour recueillir ses premières déclarations ont été déçus. L'ex-otage, après quelques mots d'introduction sous forme de plaisanterie ("je suis comme vous, j'attends un otage libéré d'Irak..."), s'est contentée de remercier "tous ceux" qui se sont mobilisés pour sa libération "et qui m'ont permis d'être là aujourd'hui". Puis, après avoir évoqué les conditions "sévères" de sa détention, pieds et poings liés, accroupie dans une cave et les "yeux bandés", elle a annoncé une conférence de presse "mardi matin", plus détaillée, sur son expérience d'otage en Irak. "On a prévu de faire avec le journal une conférence de presse mardi matin, pour que tout le monde puisse avoir accès aux mêmes informations au même moment", a-t-elle déclaré peu avant de lancer aux journalistes "à mardi, alors !".

Pieds et poings liés, les yeux bandés

La journaliste a par ailleurs démenti avoir été détenue en Irak avec les ex-otages roumains, contrairement à ce que ces derniers avaient affirmé peu après l'annonce de sa libération. A une question des journalistes qui l'attendaient sur l'aéroport militaire sur le fait de savoir si elle avait partagé sa captivité avec les Roumains, Florence Aubenas a répondu après avoir marqué une longue hésitation : "non". Libérés le 22 mai dernier, les journalistes Marie-Jeanne Ion et Sorin Miscoci ont affirmé dimanche avoir été détenus avec la journaliste de Libération pendant un mois et demi. Marie-Jeanne Ion a notamment déclaré : "Pendant tout ce temps, Florence a été extraordinaire. Elle nous a constamment encouragés. Elle a une force fantastique".

Après ces quelques mots échangés avec les journalistes, et ce rendez-vous pris pour mardi, Florence Aubenas a quitté dimanche peu après 20h20 l'aéroport de Villacoublay à destination d'une base de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). La base militaire en question, où avaient été également longuement entendus les ex-otages Christian Chesnot et Georges Malbrunot après leur retour en France, se trouve près d'Orléans, selon une source militaire. La famille de la journaliste de Libération a accompagné Florence Aubenas jusqu'à l'hélicoptère mais n'a pas pris place à bord de l'appareil.


 "Il m'est arrivé un drôle de truc"

Interrogée sur le fait de savoir si elle était tenue au courant de ce qui se passait à l'extérieur, Florence Aubenas a lancé: "il m'est un arrivé un drôle de truc. Une fois, les preneurs d'otages m'ont dit "on va vous montrer la télé parce que vous allez l'air très déprimée" et chacun sait que la télé, ça remonte le moral". "Ils m'ont dit vous pouvez soulever un peu le bandeau (posé sur ses yeux) pour voir l'écran. J'ai regardé, c'était TV5. Il y avait une présentatrice qui était là (...) et je vois en dessous une bande qui défile et je me dis "tiens c'est un bon signe pour moi, cette fille, elle s'appelle Florence Hussein", a-t-elle raconté. "Derrière, je vois un chiffre: 140. Au bout d'un moment, je comprends que Florence Hussein, c'est de moi dont ils parlaient et 140, c'est 140 jours (de détention). Là, je vous assure, (alors que) je suis la première à rigoler des concerts de soutien, la première à ne pas aller aux manifestations, quand on voit ça, je regrette de tout coeur de ne pas en avoir fait plus", a ajouté Florence Aubenas. "La prochaine fois que vous avez une manifestation, j'irai, je le promets parce qu'on est tellement content quand on voit ça accroupi par terre", a-t-elle poursuivi.

Photo d'ouverture : Florence Aubenas, souriante, à son arrivée dimanche soir à Villacoublay - DR

le 13 juin 2005 à 08:35
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98 Commentaires

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  • Hamon, le 13/06/2005 à 11h05

    Très heureuse pour la libération de ces deux otages. En souhaitant que pour l'instant personne n'ira dans ce pays car beaucoup de journalistes ont failli y laisser leur vie. Je fais partie des personnes qui les ont soutenu pendant leur détention, je souhaite qu'aujourd'hui ils rapartent sur de bonnes bases et leur souhaite pleins de bonheur.

  • Jounino, le 13/06/2005 à 09h56

    Je suis très heureux de l'issue favorable de cette prise d'otage, pour florence et hussein! Le journal Libération, sachant comment celà se passe, ne pourrait-il pas appuyer une pétition (comme celle que j'ai signée pour florence et hussein) pour ingrid bétencourt! Je pense qu'il faut maintenant tout faire pour cette femme et sa famille! En tout cas, je suis fier d'être français, un pays qui ne laisse pas tomber ses ressortissants! N'oublions pas ingrid bétencourt et sa famille!

  • ., le 13/06/2005 à 08h46

    Tout à fait d'accord avec Laurence de Paris, Antoine et Enfin !! Un évènement national !?? . Il est évident qu'il est anormal que des gens se fassent enlever , mais il faudrait que certains évitent d' aller se fourrer dans des guépiers , là bàs c' est la guerre civile avec tous ses risques ! Info ou inconscience ?

  • David, le 12/06/2005 à 23h47

    Y a 2 trucs grotesque qui m exasperent dans cette histoires: d abord la reaction du franchouillard qui visiblement veut tjs causer de ce qu il ne connait pas et ne veut pas connaitre (mais pkoi elle est partie la bas par ex)...sachez que j admire les gens qui prennent des risques pour informer et je trouve pitoyables de juger des journalistes de cette maniere! ensuite FA a bien été prise en itage en irak mais ici aussi puisque chacun sait que ces affaires sont d obscures tractations mafio/espio/internationaux et tombe drolement a pic pour un "nouveau" gvt en manque de repere... merci à Laurence de Toulon pour son lien que je conseille a tous

  • Damien, le 12/06/2005 à 23h22

    OK, je suis tres content qu'elle soit de retour - mais en partant la-bas elle etait consciente des risques qu'elle encourait, de plus, une GROSSE prime de risque et d'eloignement ne l'aurait elle pas motive pour partir en Iraq???

  • Meulenyzer, le 12/06/2005 à 23h05

    Je suis trop contente quel joie pour elle de retrouver les siens a chaque jour je pensais trop a eux plus les jours avancer plus j'engoissais pour des vraies journalistes pleins de courages. Bravo a vos deux vos etes les vedettes!!! Aurélie 59

  • Pierre, le 12/06/2005 à 21h52

    Maintenant Monsieur July, comportez vous à l'avenir en homme responsable et n'envoyez pas des journalistes au feu. La qualité de l'information, surtout la votre, ne mérite pas cela. En plus la denouement est payé par nos impots.

  • Sacha, le 12/06/2005 à 21h41

    Bravo a Florence... toujours souriante après autant de souffrances !!!! je suis fière et admirative d'elle. pour moi elle est le symbole du courage et de la force des femmes, que, parfois les hommes ont tendance a oublier. :) n'estce pas? en tt cas c'est une très heureuse nouvelle. bravo Florence !!!

  • Olivier, le 12/06/2005 à 21h07

    Super nouvelle ce matin; Madame Florence et Hussein libres. je suis ému, ravi d'apprendre ta libération, tu apparais radieuse sur la TV , restes comme çà. Bisous

  • Pierre, le 12/06/2005 à 20h56

    Tout a fait d'accord avec le fait que la libération de F.Aubenas ne justifiait pas de ne plus présenter le grand prix de F1 du Canada. que nous en avons fini avec cette prise d'otages qui aura fait couler beaucoup trop d'encre. Et qu'il a aussi I.Bettencout qui parce qu'elle n'est journaliste on ne marque pas ses jours de détention sur notre écran TV

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