... puis, longues accolades entre Florence Aubenas, émue, et ses proches. © DRLa journaliste Florence Aubenas a passé sa première nuit "libre" en France, près d'Orléans, où elle est encore entendue par les agents de la DGSE. Libérée samedi après cinq mois de captivité en Irak, elle a retrouvé le sol français, souriante, décontractée et sous les applaudissements, dimanche soir, sur la base militaire de Villacoublay, près de Paris. Outre sa famille, Jacques Chirac était présent ainsi que le directeur de la rédaction de Libération, Antoine de Gaudemar, tandis que le directeur de Libération, Serge July, avait voyagé avec elle depuis Chypre, dans le Falcon envoyé par le Quai d'Orsay.
Florence Aubenas, après un entretien non public avec ses proches et le chef de l'Etat, devait ensuite parler à la presse. Mais tous les journalistes rassemblés sur le tarmac pour recueillir ses premières déclarations ont été déçus. L'ex-otage, après quelques mots d'introduction sous forme de plaisanterie ("je suis comme vous, j'attends un otage libéré d'Irak..."), s'est contentée de remercier "tous ceux" qui se sont mobilisés pour sa libération "et qui m'ont permis d'être là aujourd'hui". Puis, après avoir évoqué les conditions "sévères" de sa détention, pieds et poings liés, accroupie dans une cave et les "yeux bandés", elle a annoncé une conférence de presse "mardi matin", plus détaillée, sur son expérience d'otage en Irak. "On a prévu de faire avec le journal une conférence de presse mardi matin, pour que tout le monde puisse avoir accès aux mêmes informations au même moment", a-t-elle déclaré peu avant de lancer aux journalistes "à mardi, alors !".
Pieds et poings liés, les yeux bandés
La journaliste a par ailleurs démenti avoir été détenue en Irak avec les ex-otages roumains, contrairement à ce que ces derniers avaient affirmé peu après l'annonce de sa libération. A une question des journalistes qui l'attendaient sur l'aéroport militaire sur le fait de savoir si elle avait partagé sa captivité avec les Roumains, Florence Aubenas a répondu après avoir marqué une longue hésitation : "non". Libérés le 22 mai dernier, les journalistes Marie-Jeanne Ion et Sorin Miscoci ont affirmé dimanche avoir été détenus avec la journaliste de Libération pendant un mois et demi. Marie-Jeanne Ion a notamment déclaré : "Pendant tout ce temps, Florence a été extraordinaire. Elle nous a constamment encouragés. Elle a une force fantastique".
Après ces quelques mots échangés avec les journalistes, et ce rendez-vous pris pour mardi, Florence Aubenas a quitté dimanche peu après 20h20 l'aéroport de Villacoublay à destination d'une base de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). La base militaire en question, où avaient été également longuement entendus les ex-otages Christian Chesnot et Georges Malbrunot après leur retour en France, se trouve près d'Orléans, selon une source militaire. La famille de la journaliste de Libération a accompagné Florence Aubenas jusqu'à l'hélicoptère mais n'a pas pris place à bord de l'appareil.
"Il m'est arrivé un drôle de truc" |
Interrogée sur le fait de savoir si elle était tenue au courant de ce qui se passait à l'extérieur, Florence Aubenas a lancé: "il m'est un arrivé un drôle de truc. Une fois, les preneurs d'otages m'ont dit "on va vous montrer la télé parce que vous allez l'air très déprimée" et chacun sait que la télé, ça remonte le moral". "Ils m'ont dit vous pouvez soulever un peu le bandeau (posé sur ses yeux) pour voir l'écran. J'ai regardé, c'était TV5. Il y avait une présentatrice qui était là (...) et je vois en dessous une bande qui défile et je me dis "tiens c'est un bon signe pour moi, cette fille, elle s'appelle Florence Hussein", a-t-elle raconté. "Derrière, je vois un chiffre: 140. Au bout d'un moment, je comprends que Florence Hussein, c'est de moi dont ils parlaient et 140, c'est 140 jours (de détention). Là, je vous assure, (alors que) je suis la première à rigoler des concerts de soutien, la première à ne pas aller aux manifestations, quand on voit ça, je regrette de tout coeur de ne pas en avoir fait plus", a ajouté Florence Aubenas. "La prochaine fois que vous avez une manifestation, j'irai, je le promets parce qu'on est tellement content quand on voit ça accroupi par terre", a-t-elle poursuivi. |
Photo d'ouverture : Florence Aubenas, souriante, à son arrivée dimanche soir à Villacoublay - DR
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