© INTERNEAnnoncé par François Hollande samedi dernier, moins d'une semaine après le non au référendum, la tenue d’un congrès anticipé du PS, à la mi-novembre, suscite déjà manoeuvres et positionnements des principaux dirigeants et courants du parti. Arnaud Montebourg, co-animateur de la minorité Nouveau parti socialiste, décoche ses flêches dans le Journal du Dimanche. Première cible du député, le premier secrétaire du PS, François Hollande, qu'il accuse d'avoir "brisé le parti dont il avait la haute charge". "Voilà dix ans qu'il le dirige, son passif est lourd". "Le congrès qu'il prépare a pour seul objectif son maintien au pouvoir", affirme Montebourg. "Le PS n'a aucune utilité s'il continue à dire "on ne peut pas changer l'ordre du monde", estime-t-il, ajoutant : si le PS "ne rassemble plus les forces de gauche, il se déporte à droite". "Nous voulons une rénovation qui empêche le PS de se couper de sa base et de sombrer".
Opposé au texte de la Constitution européenne, le NPS n'avait pas fait campagne sur le non pour le référendum national, respectant le vote des militants socialistes qui s'étaient majoritairement prononcés - en interne - en faveur du traité. "La rénovation s'imposera comme une force sans allégeance", avertit Montebourg alors que les rumeurs d'alliances entre les différentes sensibilités socialistes se multiplient. "Nous ne serons les supplétifs de personne pour mettre au pouvoir nos projets", déclare-t-il.
Crise sociale sans précédent
Logiquement, le député de Saône-et-Loire n’épargne pas plus la politique de la droite. Il dénonce "la flexibilité maximum" et "la sécurité inexistante" de l'emploi en France. "Nous vivons une crise sociale sans précédent", a-t-il affirmé. "Voilà des années que l'on fait sauter tous les verrous de protection sans que le chômage diminue", a-t-il accusé, en dénonçant "les vieilles recettes libérales du Premier ministre (Dominique de Villepin), du même acabit que celles de son compère Nicolas Sarkozy".
Pour Montebourg, inlassable avocat d'une VIe République, ils "nous acheminent tout droit vers la chute du régime, devenu sourd et aveugle". L'opposition au gouvernement, qui se trouve "entre les mains d'une clique illégitime", doit être "non seulement frontale mais impitoyable", a-t-il ajouté. Le député de Saône-et-Loire propose de "passer entre tous les Français, un contrat social sur la manière de créer des richesses tout en organisant protection, redistribution et promotion sociale".
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