© INTERNELe tribunal de Nanterre a condamné vendredi le laboratoire UCB Pharma, fabricant du Distilbène (DES), à payer des dommages-intérêts allant de 9.000 à 265.000 euros à huit femmes atteintes de cancers et de malformations de l'appareil génital.
Les mères de ces victimes avaient été traitées au Distilbène pendant leur grossesse pour prévenir les risques de fausse couche et les experts médicaux ont estimé que ce traitement était à l'origine des cancers et des malformations des huit femmes.
"Préjudice moral"
Le tribunal a reproché à UCB Pharma d'"avoir manqué à son obligation de vigilance et commis une série de fautes en ne surveillant pas l'efficacité de ce produit et ce, nonobstant, les avertissements connus en 1939 et en 1962", dates de publication d'études scientifiques.
Pour la première fois, les juges ont également accordé des indemnisations - entre 2.000 et 5.000 euros - au conjoint ou au compagnon de chacune des plaignantes, en réparation du "préjudice moral", soit environ 45.000 euros. En revanche, le tribunal a débouté la requête de deux mères pour chacun de leurs enfants atteint respectivement, d'une malformation génitale et d'un retard neurologique dû à une naissance prématurée. Selon le tribunal, cette demande de réparation pour la troisième génération est "prématurée au motif que les enfants sont trop jeunes. Il leur faudra retenter une action au moment de leur puberté".
"Cette décision est insupportable pour les familles qui sont en procédure depuis près de quinze ans", a déclaré Me Martine Verdier, avocate des familles et des victimes. "Mais nous allons certainement continuer". Le 17 décembre 2004, le tribunal de Nanterre avait condamné le laboratoire à payer 310.000 euros à la famille d'une cancéreuse décédée à 34 ans avant la fin de la procédure judiciaire. Selon le Réseau D.E.S France, au moins 160.000 enfants, dont la majorité sont nés dans les années 1970, auraient été exposés au produit.
Retour MYTF1
Chargement en cours...



