
La France se dote d'un nouvel outil administratif pour réguler ses flux migratoires. Le Premier ministre a en effet installé vendredi matin à Matignon le comité interministériel de contrôle de l'immigration, avec à sa tête Patrick Stefanini, un proche d'Alain Juppé. Dominique de Villepin veut "changer d'échelle" dans la lutte contre l'immigration irrégulière et parvenir, en accord avec Nicolas Sarkozy, à "une immigration choisie". Le chef du gouvernement, qui a réuni tous les ministres concernés par la politique d'immigration, leur a demandé de formuler, "en liaison" avec le ministre de l'Intérieur, des "propositions d'action", notamment sur l'évolution de la politique d'accueil des étudiants étrangers et l'adaptation de la "pratique en matière d'immigration aux besoins de l'économie française", a précisé Matignon dans un communiqué.
Pour sa part, lors d'une convention sur l'immigration organisée par l'UMP à l'Assemblée nationale, Nicolas Sarkozy, a ramené au cœur du débat deux questions polémiques : les quotas et l'augmentation des expulsions. Il a demandé que le gouvernement et le Parlement fixent, "chaque année, catégorie par catégorie, le nombre de personnes admises à s'installer sur le territoire" français. "Il faut choisir les flux migratoires et non pas les subir. D'autres pays l'ont fait, comme la Grande-Bretagne, le Canada, la Suisse. Je ne crois pas au fatalisme de l'immigration, pas plus que je ne crois au fatalisme de l'insécurité", a affirmé Nicolas Sarkozy.
Pas de "tabous"
Le ministre de l'Intérieur a également annoncé qu'il avait fixé à ses services "un objectif de hausse de 50% des reconduites à la frontière de clandestins en 2005". Un peu plus tôt Nicolas Sarkozy avait affirmé qu'il ne voulait pas qu'il y ait "des sujets prétendument tabous dans la vie politique française".
Alors que la question sur l'immigration revient sur le devant de la scène, le ministre de la Santé, Xavier Bertrand, a souhaité vendredi que ce débat et la question des quotas par professions soit "plus raisonné et moins passionné". Interrogé par LCI sur la question des quotas, Xavier Bertrand a souligné que le gouvernement veut "mieux maîtriser les choses en matière d'immigration". Dès jeudi, la proposition du ministre de l'Intérieur de fixer, catégorie par catégorie, le nombre de migrants en France, relèvait du "néo-colonialisme", a affirmé jeudi Mouloud Aounit, secrétaire général du Mrap.
La LDH dénonce les quotas comme une manoeuvre électorale |
Pour la Ligue des droits de l'Homme, "l'introduction de quotas ethniques que souhaite Nicolas Sarkozy relève d'une logique de ségrégation lourde de risques communautaristes. Le recours à des quotas par profession que paraît préférer Dominique de Villepin reviendrait à transférer aux organisations patronales le pouvoir de réguler les flux migratoires, c'est-à-dire à traiter les migrants comme des marchandises", souligne-t-elle. "Derrière cette alternative déplorable se profile un nouveau durcissement de la politique d'immigration dont les mobiles pré-électoraux n'échappent à personne", ajoute l'association. |
Retour MYTF1
Chargement en cours...



