Avocats, journalistes et témoins guettés par les journalistes lors de leur arrivée dans la salle d'audience à Angers où se tient le plus grand procès pour pédophilie jamais organisé en France © DRTrente ans de réclusion, avec une peine de sûreté des deux tiers, ont été requis jeudi à Angers contre Philippe V., déjà condamné pour viol en 1991 et père de Franck V., l'un des principaux accusés du plus grand procès pour pédophilie jamais organisé en France. En ce qui concerne ce dernier et son épouse Patricia V., considérés comme deux organisateurs-clés d'un cercle de prostitution enfantine, c'est respectivement 20 et 18 ans de réclusion criminelle, assortis d'une peine de sûreté des deux tiers, qui ont été requis.
L'avocat général Ivan Auriel, qui avait qualifié mercredi Franck et Patricia de "couple Thénardier", a également demandé la déchéance de leur autorité parentale sur leurs trois enfants figurant parmi les 45 victimes. En plus d'une interdiction de leurs droits civiques et civils pendant 10 ans, il a exigé à leur encontre un suivi socio-judiciaire d'une durée similaire à l'issue de leur peine. Si Franck et Patricia V. ne respectent pas cette mesure, ils devront purger 5 ans de prison supplémentaire, a estimé le magistrat.
Verdict attendu vers le 25 juillet
Visant notamment Patricia V., l'avocat général avait mis en exergue mercredi dans ce dossier "la terrible réalité des mères incestueuses, proxénètes, indifférentes aux cris de leurs enfants". Soixante-cinq accusés comparaissent depuis le 3 mars pour des faits de prostitution, viols et agressions sexuelles, ainsi que des délits connexes sur 45 enfants, âgés de quelques mois à 12 ans au moment des faits, entre janvier 1999 et février 2002.
Le second avocat général, Philippe Toccanier, avait distingué mercredi trois cercles familiaux - les V derrière Franck et Patricia, les R. avec Didier et les J. autour d'Eric -, composant selon lui "une structure organisée de prostitution enfantine, avec son circuit d'argent, ses violeurs encagoulés et ses scènes d'ébats collectifs". Le réquisitoire, qui a débuté mercredi, doit s'achever vendredi soir.
Une peine d'un an d'emprisonnement dont six mois avec sursis a été requise contre Karine, l'assistante sociale poursuivie pour "non dénonciation d'atteintes sexuelles" sur ses deux filles. Le verdict est attendu vers le 25 juillet.
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