
Dominique de Villepin l'avait annoncé lors de son discours de politique générale à l'Assemblée, pour aller plus vite en matière de politique de l'emploi, le gouvernement prendra des ordonnances. Le Conseil des ministres de mercredi a entériné cette décision qui suscite des levées de boucliers dans la classe politique. A cette occasion, Jacques Chirac a réaffirmé que l'objectif est de "faire tomber les blocages à l'embauche", car "nous sommes allés au bout des solutions traditionnelles". Le président de la République a reconnu que toutes les solutions "butent sur des obstacles structurels à l'emploi". "Nous devons rechercher d'abord les résultats et être pragmatiques en faisant le choix de mesures simples, concrètes et rapides", a-t-il ajouté.
Avant lui, Jean-Louis Borloo avait déjà justifié ce procédé par son objectif : produire des résultats pour l'emploi. Il est "très difficile d'annoncer une mesure (et) de ne pas pouvoir la mettre en application tout de suite" surtout quand il "faut être prêt pour le 1er septembre". Le ministre de l'Emploi et de la Cohésion sociale avait également estimé que "le temps de réaction entre (l'application) de ces mesures et leur efficacité sur le thermomètre est entre 2 et 3 ans." Ce Plan "produira ces effets. L'aiguille bougera un tout petit peu fin 2005 et (produira) ses pleins effets 2006 avec les mesures complémentaires proposées par le Premier ministre".
L'avertissement de Gilles de Robien à l'UDF
Le président de l'Assemblée nationale affirme cependant qu'il sera "très vigilant à ce que le droit d'amendement ne soit pas remis en cause", dans un entretien au Figaro. "Le projet de loi d'habilitation comme le projet de loi de ratification des ordonnances pourront être amendés, et les amendements pourront modifier le sens même du texte", ajoute Jean-Louis Debré.
"Le gouvernement dit qu'il veut aller vite et procéder par ordonnance, ce qui veut dire décider tout seul sur le droit du travail (...) Ils vont décider tous seuls, sans l'aval du Parlement. C'est une méthode inacceptable", s'insurge le président du groupe PS, Jean-Marc Ayrault. Pour leur part, les députés centristes ne "voteront pas" le projet de loi d'habilitation permettant le recours aux ordonnances, a annoncé mardi le porte-parole de l'UDF François Sauvadet : "Nous voterons contre, il y a d'autres pratiques sur un sujet aussi sérieux que celui de l'emploi, nous sommes hostiles au principe". Mais Gilles de Robien, seul ministre UDF du gouvernement, a estimé sur LCI que les députés de son parti "feraient bien de réfléchir" avant de voter contre cette disposition. "Ce serait une mauvaise action pour l'emploi et je doute que les parlementaires revenus dans leurs circonscriptions, se vantent de ne pas avoir voté des ordonnances qui vont créer des emplois", a-t-il ajouté.
Photo : Dominique de Villepin à l'Assemblée nationale
lors de son discours de politique générale.
Retour MYTF1
Chargement en cours...



