
La cour d'assises des Hauts-de-Seine juge à partir de lundi et jusqu'au 21 juin le prêtre, médecin et écrivain François Lefort des Ylouses, 59 ans, pour des viols et des agressions sexuelles que l'accusé a toujours niés, commis en France et au Sénégal sur six garçons âgés de 11 à 15 ans au moment des faits.
L’instruction de ce dossier aura était particulièrement longue, puisque François Lefort est mis en examen depuis le 7 décembre 1995. Son avocat, Me Henri Leclerc, a épuisé tous les recours possibles. En avril 2004, il a été débouté de son pourvoi en cassation contre la décision de la cour d'appel de Versailles de renvoyer son client aux assises. Actuellement curé dans un village de Saône-et-Loire, François Lefort s'est longtemps occupé d'enfants des rues en Afrique. Il est accusé d'actes pédophiles sur mineurs dans un foyer d'accueil à Rufisque (Sénégal), où il travaillait à l'époque, et à son domicile français de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), en 1994 et 1995. Il devra répondre des chefs de "viols sur mineurs de 15 ans par personne ayant autorité, tentatives de viol sur mineurs par personne ayant autorité, agressions sexuelles et tentatives de corruption de mineurs".
« Innoncent »
En avril 2004, l'Association de défense de François Lefort, composée de journalistes connus, de personnalités du monde humanitaire ainsi que de hauts responsables de la hiérarchie catholique, soulignait, dans un communiqué, "continuer de tenir François Lefort pour innocent" et refusait de "se fier à une accusation qui s'est appuyée dès l'ouverture de la procédure sur des documents hautement contestables".
Au début de l'enquête en 1995, une perquisition permettait de découvrir des cassettes vidéo et des revues pédophiles au domicile de François Lefort. Ce dernier expliquait leur possession par son engagement de longue date dans la lutte contre les réseaux pédophiles. Trois commissions rogatoires, en 1996 et 1998, ont conduit les enquêteurs à interroger les enfants dans le foyer sénégalais où avait oeuvré le père Lefort. Ses jeunes victimes, au cours d'une enquête de presque dix ans, ne varieront jamais dans leurs déclarations, selon leur avocat Me Jean-Baptiste Moquet, notamment sur les sévices subis : sodomies et fellations imposées, masturbation, le tout contre rémunération ou cadeaux. Le père Lefort a toujours farouchement nié tout viol ou agression sexuelle. Il a notamment expliqué toutes les accusations par une "manipulation" menée par la direction du foyer de Rufisque, avec qui il était en conflit, avant d'estimer finalement que c'était la direction qui était manipulée par les garçons. Verdict attendu le 21 juin.
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