Perquisitions à Bercy et chez Rhodia

Par D'après AFP, le 27 juin 2005 à 10h58 , mis à jour le 27 juin 2005 à 21h58

Un juge d'instruction et des fonctionnaires de police ont visité lundi les locaux du ministère de l'Economie et des Finances. Une seconde perquisition a eu lieu au siège de l'entreprise. L'affaire Rhodia concerne potentiellement le ministre Breton, ancien administrateur du groupe.

Bercy ministère de l'Economie © TF1

L'enquête judiciaire sur une présentation inexacte des comptes de l'entreprise chimique Rhodia entre 1999 et 2002 a connu lundi un premier acte spectaculaire avec une perquisition menée à Bercy, dont l'actuel locataire, Thierry Breton, a été administrateur du groupe.

Un juge et des policiers se sont rendus dans la matinée au ministère de l'Economie et des Finances où, en l'absence du ministre Thierry Breton, en déplacement, ils ont été reçus par le directeur de cabinet du ministre. Le siège du groupe Rhodia, à Boulogne (Hauts-de-Seine), a également été perquisitionné.

Plainte d'Edouard Stern

On ignore si des documents ont été emportés. "Le retentissement prévisible de cet acte d'instruction pourra paraître bien disproportionné par rapport au rôle de M. Thierry Breton dans le dossier Rhodia", a indiqué à l'AFP l'avocat du ministre, Me Claude Serra.

Ces deux opérations ont été menées dans le cadre d'une information judiciaire ouverte en octobre 2004 à Paris sur une présentation présumée inexacte des comptes de l'entreprise Rhodia entre 1999 et 2002. Durant cette période, M. Breton, alors président de Thomson, siégeait au conseil d'administration et dirigeait un comité d'audit des comptes de Rhodia (avril 1998 à septembre 2002).

Cette enquête, confiée aux juges Henri Pons et Jean-Marie d'Huy, du pôle financier de Paris, fait suite à deux plaintes déposées par deux actionnaires mécontents, Edouard Stern, le banquier français tué le 28 février à son domicile de Genève, et le financier Hughes de Lasteyrie.

1998

L'information a été ouverte pour "présentation de comptes inexacts, diffusion d'informations boursières fausses et mensongères, délit d'initié et recel de délit d'initié".

Début juin, le parquet a étendu ces investigations à la période 2003 et 2004 après l'étude d'un rapport de l'Autorité des marchés financiers (AMF). Le gendarme de la Bourse avait mené sa propre enquête sur les comptes de Rhodia entre 2000 et 2004 en raison de la situation alarmante de l'entreprise.

Rhodia est né de la séparation en 1998 des activités chimie et pharmacie du français Rhône-Poulenc, lors de son mariage avec l'allemand Hoechst, opération qui a donné naissance au groupe pharmaceutique Aventis qui a lui-même fusionné avec Sanofi-Synthélabo en 2004.

Mais l'AMF n'a fait porter ses griefs que sur des faits commis à partir de la fin 2002, à une période où Thierry Breton n'était plus administrateur de Rhodia. Ceux-ci portaient notamment sur la société Chirex en 2003 et sur l'information financière sur la dette, la trésorerie et l'environnement.

"Chantage"

Le 6 avril, le Canard enchaîné révélait que l'AMF avait ôté de son rapport des faits répréhensibles commis durant la période o M. Breton était en poste à Rhodia, car elle les estimait prescrits. Les enquêteurs de l'AMF y dénonçaient notamment les conditions d'achat par Rhodia de son concurrent américain Albright and Wilson en avril 2000.

L'homme à l'origine de cette information judiciaire, Hughes de Lasteyrie, a récemment demandé à l'AMF d'étendre ses griefs et la liste des administrateurs mis en cause à la période 2000-2002, quand M. Breton était administrateur, aux côtés notamment de Jean-René Fourtou, actuel PDG de Vivendi Universal.

Début avril, le financier a été accusé de "chantage" par le directeur du Trésor du ministère des Finances Xavier Musca, qui lui reproche de l'avoir menacé de lancer une campagne de presse sur Rhodia pour déstabiliser Thierry Breton. Le parquet a ouvert une enquête préliminaire sur cette dénonciation. "Il s'agit d'un grossier procédé destiné à me nuire et à me déconsidérer afin de tenter de paralyser les actions judiciaires en cours", avait répliqué M. de Lasteyrie.

                                                     "Thierry Breton au poteau"

Dans le livre ("Le fils du serpent" chez Albin Michel, ndlr) qu’il vient de publier sur la vie et la mort d’Edouard Stern , le journaliste Airy Routier consacre un chapitre à l’affaire Rhodia. Il explique pourquoi le ministre de l’Economie n’est pas inquiet par les plaintes portées contre lui en 2003, en tant qu’administrateur de l’entreprise chimique, deux plaintes déposées par deux actionnaires mécontents, Edouard Stern, le banquier français, et Hugues de Lasteyrie, un financier franco-belge. Avant de devenir ministre, Thierry Breton avait en effet été sollicité pour devenir administrateur de la Citibank. « Il a fait l’objet d’une enquête approfondie sur tous les aspects de sa vie, y compris privée, comme c’est la règle aux E.U (…) Le verdict a été clair : rien ne peut lui être reproché ». 

Par D'après AFP le 27 juin 2005 à 10:58
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11 Commentaires

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  • Jiji, le 27/06/2005 à 20h08

    Qui est ministre de l'intérieur ? De quel clan est le ministre de l'économie ?

  • Seb, le 27/06/2005 à 14h49

    Ne mélangeons pas tout ! Etre membre du C.A. d'une entreprise entraine automatiquement, en cas de soucis, une enquête. Ce n'est pas parce qu'il y a eu un problème, que forcément la personne (ici le ministre) est coupable. Je peux faire partie du C.E. de mon entreprise, si un de mes collègues détourne des fonds, je serais moi aussi l'objet d'une enquête histoire qu'on sache si moi aussi j'en ai croqué ou pas ! Faut arrêter ce cirque ! Je signale aussi que toute personne qui fait des photocopies personnelles, qui passe des coups de téléphone personnel, qui utilise le matériel de so bureau à des fins personnels est coupable d'abus de bien social ! Et oui ! Donc, avant de crier au scandale, regardons nous !

  • ., le 27/06/2005 à 14h41

    C'est quoi ça ! Une manoeuvre politique ? Une vengeance ? Ou encore un coup fourré ? Honnètement , ça fatigue le pauvre citoyen qui " rame " (rame : sert à faire avancer la galère ) .

  • Steph, le 27/06/2005 à 14h20

    Perquisitionner Bercy c'est comme chercher une aiguille dans une botte de foin ! Des papiers y en a par millions dans ce bâtiment gigantesque ! Et puis je ne vois pas pourquoi ce Monsieur Breton ramènerait les dossiers Rhodia à Bercy...

  • Eric, le 27/06/2005 à 13h07

    Mois qui croyait que nos dirigeants étaient intègres...

  • Robert, le 27/06/2005 à 12h34

    Et oui ! On se rend compte que tous les politiques jusqu'au président de la république sont mouillés dans des affaires douteuses et frauduleuses. Et nous on est considérés comme des criminels dès que l'on fait un dépassement de la vitesse autorisé de 5 km/h au regard du code de la route. Oui, il y a bien 2 justices, celle des riches et des haut fonctionnaires de l'état et puis celle de la france d'en bas, celle des pauvres.

  • Yg, le 27/06/2005 à 12h10

    Thierry Breton était administrateur du groupe chimique Rhodia et président de son comité d'audit entre 1998 et 2002. La procédure ouverte contre "X" vise des faits de "présentation de comptes inexacts, diffusion d'informations fausses ou mensongères sur la situation d'un émetteur coté sur le marché réglementé, délit d'initié et recel de délit d'initié".

  • Y, le 27/06/2005 à 12h05

    Bravo! Sans vouloir defender un ministre puisque c?est un justiciable parmi d?autres, que vont penser les citoyens Européens du ministère des finances Français ? Une dizaine de ministres en 10 ans, le dernier démissionne pour avoir « utilisé » un bien de la république pour se loger, le ministre actuel président de l?audit d?un important groupe ayant présenté des faux bilans ! Comment le croire quand il parle au nom de la France et de la croissance qu?il estime être de 2%, etc. ? Sans vouloir crier démission, monsieur Breton se doit d?être intègre. Plusieurs de ses collègues ont immédiatement démissionnés de leur fonction du moment qu?ils étaient touchés, à tort ou a raison, par une affaire. Affaire à suivre ?

  • Meyer, le 27/06/2005 à 11h59

    Merci à cabrel : et ca continue encore encore et c'est que le début d'accord d'accord....

  • Jean, le 27/06/2005 à 11h27

    Gros effet annonce pour une bulle de savon, que voulez vous trouver dans son nouveau bureau de bercy ??? une corbeille à papier de 1998.

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