Perquisitions Rhodia et Canal + : VU et Fourtou également visés

le 29 juin 2005 à 13h48 , mis à jour le 29 juin 2005 à 17h30

Les perquisitions menées dans le cadre des enquêtes sur les comptes de Rhodia et sur la revente de Canal+ Technologies visent Thierry Breton, mais aussi le siège de Vivendi Universal et son PDG Jean-René Fourtou.

DR © INTERNE

Thierry Breton n'est pas le seul homme visé par les perquisitions menées lundi et mardi dans le cadre des enquêtes sur les comptes de Rhodia et sur la revente de Canal+ Technologies. Vivendi Universal (VU) et son PDG Jean-René Fourtou seraient également dans le collimateur des juges, a-t-on appris mercredi de source proche du dossier. Au total, une quinzaine de perquisitions ont été menées en 48 heures autour  de ces deux dossiers judiciaires dont le ministère de l'Economie et des finances, le domicile du ministre de l'Economie Thierry Breton, les sièges de  Rhodia, de Canal +, de Thomson, de Vivendi Universal et le domicile de  Jean-René Fourtou. Toujours selon cette source, outre MM. Fourtou et Breton qui ont siégé au conseil  d'administration de Rhodia, d'autres administrateurs seraient également  concernés par les perquisitions.

"Je n'ai rien à me reporcher"

Invité ce matin sur Europe 1, Thierry Breton a affirmé qu'il n'avait "rien" à se" reprocher" dans l'affaire Rhodia. "Rien de ce qui m'a été présenté à moi-même, au conseil d'administration par le management, par la direction, par les commissaires aux comptes n'a heurté mon éthique, ma rigueur et ma déontologie", a assuré l'actuel ministre de l'Economie, qui a été administrateur de Rhodia de 1998 à 2002. Il a confirmé les perquisitions le concernant, se disant un "un peu sidéré" par cette nouvelle, qui lui est parvenue alors qu'il était à New York, mais a souligné qu'il "ne la critique pas". Il a rejeté l'idée que ces attaques puissent viser quelqu'un au-dessus de lui au gouvernement. Interrogé pour savoir s'il était fragilisé, il a répondu: "Je suis au combat" et je "tiens ma barque solidement".

Il a également balayé les accusations de conflit d'intérêt, "pour qu'il y ait conflit d'intérêt, il faut qu'il y ait intérêt", a-t-il insisté. Thierry Breton a également affirmé n'avoir eu "aucun intérêt personnel" dans la vente de la filiale de Canal Plus à Thomson en 2002. "Il y a eu une vente effectivement (...) La transaction a été finalisée en janvier 2003. Moi ça faisait à l'époque quatre mois que j'étais président de France Télécom, je n'étais plus chez Thomson", a-t-il fait valoir.

Enquêtes en cours

Thierry Breton, nommé ministre des Finances il y a seulement quatre mois, est concerné par plusieurs enquêtes judiciaires liées à son passé de chef d'entreprise. Ces enquêtes concernent d'une part une supposée présentation inexacte des comptes de l'entreprise chimique Rhodia entre 1999 et 2002, dont M. Breton a été administrateur, et d'autre part la vente en 2002 d'une filiale de Vivendi Universal (VU) à Thomson Multimedia, alors dirigé par M. Breton.

Les instructions judiciaires ont été toutes les deux ouvertes en octobre 2004. Celle de Rhodia a été confiée aux juges Henri Pons et Jean-Marie d'Huy, du pôle financier de Paris, et celle de VU à M. Pons. L'enquête sur Rhodia fait suite à deux plaintes déposées par deux actionnaires mécontents, Edouard Stern, le banquier français tué le 28 février à son domicile de Genève, et le financier Hughes de Lasteyrie, qui contrôle 0,8% du groupe chimique.

                         Thierry Breton au courant d'une gestion hasardeuse ?

Dans l’affaire Rhodia, les deux juges essaient de comprendre le degré de connaissance qu’avait Thierry Breton de la gestion et de la comptabilité de l’entreprise chimique dont il présidait le comité d’audit entre 1998 et 2002. En effet, l’actionnaire minoritaire Hugues de Lasteyrie a dénoncé "une politique systématique de dissimulation et de manipulation de l'information sur la situation de Rhodia mise en place semestre après semestre par la direction générale à partir du 30 juin 2000".
« On m’a tout caché » assure le ministre de l’Economie au Canard Enchaîné paru mercredi matin. Toutefois, l’hebdomadaire satirique s’interroge sur la version donnée par Thierry Breton. En effet, « il s’est maintenu à la tête du comité d’audit de Rhodia jusqu’en septembre 2002 (…). Or certains administrateurs semblaient mieux renseignés que lui, tel l’homme d’affaires belge Albert Frère qui a abandonné en juin 2002 le comité d’audit », ne voulant « plus couvrir une gestion hasardeuse de la boîte » explique Le Canard.

Photo : siège de Rhodia (archives) 

le 29 juin 2005 à 13:48
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