
Grand gagnant annoncé : Nicolas Sarkozy. Il retrouve le ministère de l’Intérieur, "son" ministère, celui qui lui a permis d’acquérir une stature et une popularité record entre 2002 et 2004. Il s’est fixé trois priorités : sécurité et lutte contre la récidive, droit des victimes et immigration.
Son bras droit Brice Hortefeux est ministre délégué aux Collectivités territoriales. C’est l’homme de la confiance absolue, à propos duquel Nicolas Sarkozy dit qu’ils n’ont pas besoin de se parler pour se comprendre. Autre fidèle, Christian Estrosi devient ministre délégué à l'Aménagement du territoire. Ce spécialiste de la sécurité, député et président du Conseil général des Alpes-maritimes est proche de Sarkozy depuis 1988, date de son entrée à l’Assemblée Nationale. En revanche, Patrick Devedjian a refusé de rempiler. Il laisse sa place de ministre délégué à l'Industrie à François Loos.
Philippe Douste-Blazy accède à un ministère régalien, aux Affaires étrangères, poste stratégique après le "non" massif des Français lors du référendum européen de dimanche dernier. Le maire de Toulouse est récompensé de son travail au ministère de la Santé, où il a fait adopter la réforme de l'assurance maladie sans encombre.
L’UDF Gilles de Robien, nommé ministre de l'Education Nationale du gouvernement Villepin, devrait se mettre en disponibilité de son parti, qui avait décidé "collectivement" mardi de ne pas participer au nouveau gouvernement.
Dominique Perben, jusqu’ici garde des Sceaux, lui succède aux Transports.
Salué pour un sans-faute au secrétariat d'Etat à l'Assurance maladie, Xavier Bertrand, remplace Philippe Douste-Blazy à la Santé.
Les nouveaux entrants
Chez les nouveaux, Pascal Clément obtient le poste prestigieux de ministre de la Justice. Cet avocat de formation, président de la commission des lois de l'Assemblée nationale depuis 2002, avait déjà été ministre de 1993 à 1995, dans le gouvernement d'Edouard Balladur, époque dont il a gardé une forte proximité avec Nicolas Sarkozy.
Un protégé de Jacques Chirac, le maire de Troyes François Baroin, qui avait refusé d’entrer dans l’équipe Raffarin III, a accepté le ministère de l’Outre-Mer.
Philippe Bas, nommé jeudi ministre délégué à la Sécurité sociale, aux personnes âgées, aux personnes handicapées et à la famille, n'était apparu sur la scène publique qu'à l'occasion de ses annonces, sur le perron de l'Elysée, de la composition des gouvernements Raffarin, en tant que secrétaire général de la présidence de la République.
Autre produit de l’écurie Chirac, l'ancienne porte-parole du président de la République, Catherine Colonna, est nommée ministre déléguée aux Affaires européennes, après un bref passage au Centre national de la cinématographie.
Sur le thème de l'immigration, Dominique de Villepin a choisi un proche, l'écrivain et sociologue Azouz Begag, auteur d'un rapport sur l'égalité des chances, qu'il a nommé ministre délégué à la promotion de l'égalité des chances.
Christine Lagarde, avocate présidente d’un grand cabinet de juristes internationaux implanté aux Etats-Unis en France, devient ministre déléguée au Commerce extérieur.
Les confirmés
Thierry Breton, le ministre de l'Economie et des Finances, est reconduit à son poste. Dès l’annonce de sa confirmation, ce libéral a annoncé que le gouvernement "va bouger très vite maintenant" sur les questions économiques. Il est épaulé de Jean-François Copé au Budget, qui hérite de la Réforme de l'Etat et de Renaud Dutreil, nommé ministre des Petites et Moyennes entreprises, du Commerce, de l'Artisanat et des Professions Libérales.
Jean-Louis Borloo reste à la tête du pôle Emploi sous le titre de ministre de l'Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement. Son rôle est plus que jamais crucial alors que Dominique de Villepin a fixé l’emploi comme priorité de son action.
Michèle Alliot-Marie reste à la tête des armées. Fidèle soldate de Jacques Chirac, elle s’est révélée et épanouie depuis trois ans au ministère de la Défense. Elle faisait partie de la "short-list" pour la course à Matignon.
Renaud Donnedieu de Vabres reste à la Culture et Jean-François Lamour aux Sports. Henri Cuq, fidèle d'entre les fidèles de Jacques Chirac, a été reconduit au poste de ministre délégué aux Relations avec le Parlement. Rescapé des réseaux Raffarin : Dominique Bussereau, qui reste à l’Agriculture.
Les perdants
17 membres du précédent gouvernement ont disparu de la nouvelle liste. Un sarkozyste était sur la liste jusqu’au dernier moment, François Fillon. Les remous provoqués par sa réforme sur l’école l’ont condamné.
Autre poids lourd, autre grand perdant : le savoyard Michel Barnier, qui n’avait pas convaincu au Quai d’Orsay.
Autres sortants : Serge Lepeltier, Nicole Ameline, Claudie Haigneré, critiquée pour son manque d’implication dans la campagne pour le oui au référendum, Marie-José Roig, François d’Aubert, Xavier Darcos, Nicole Guedj, Renaud Muselier et Frédéric de Saint Sernin, par ailleurs cousin… du nouveau Premier ministre.
Dominique Villepin veut que cette nouvelle équipe se jette rapidement dans l’action. Petite entorse aux règles républicaines, la passation des pouvoirs au ministère de l’Intérieur s’est ainsi faite par téléphone avec Nicolas Sarkozy. Et les ministres se réuniront pour un premier conseil sous l’égide de Jacques Chirac dès vendredi à 16h. Enfin, conformément à la tradition de la Vème république, Dominique de Villepin fera sa déclaration de politique générale mercredi prochain à l'Assemblée.
Pour la liste complète du gouvernement Villepin, cliquez ici.
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