© DRLes réactions politiques
Alain Bocquet (PCF) : "replâtrages et bidouillages"
Le président du groupe PCF à l'Assemblée a affirmé mercredi que "le temps des promesses jamais tenues était révolu", en ajoutant que "personne ne croit à ce gouvernement de repli UMP-UMP". Il a demandé à Dominique de Villepin de "gouverner plutôt en faveur des 16 millions de salariés et des 60 millions d'habitants de ce pays au lieu des 160.000 adhérents du Medef". Face à cette "crise de régime", "ce ne sont pas vos replâtrages et bidouillages qui arrangeront les choses", a déclaré M. Bocquet.
François Hollande (PS) : "contrat nouvelle précarité"
Le premier secrétaire du Parti socialiste, a estimé mercredi que "la France était en état de défiance", en jugeant que Dominique de Villepin était venu "chercher une confiance qu'il ne trouverait pas dans le pays". Il a dénoncé l'annonce du "contrat nouvelle embauche", estimant que le gouvernement aurait dû l'appeler "contrat nouvelle précarité". Le numéro un du PS a en outre qualifié de "vieilles recettes patronales" certaines des mesures annoncées par le chef du gouvernement. Il a également fustigé l'utilisation des ordonnances -"une méthode détestable". Il a prévenu que si le gouvernement "touchait au code du travail" à travers ces ordonnances, il prendrait "un risque considérable avec le pays" car "vous savez le niveau d'exaspération et la colère du peuple", a-t-il dit à l'adresse du Premier ministre.
François Bayrou (UDF) : "il fallait une rupture sur les institutions"
Le président de l'UDF a déclaré mercredi à l'Assemblée qu'il "ne croit pas" à une politique qui se présente "une fois de plus comme une politique d'urgence pour l'emploi". Réaffirmant que le vote du 29 mai "a sonné le tocsin, l'alarme générale, dans une sorte d'insurrection des urnes", M. Bayrou a ajouté qu' "il y a deux France" qui "dérivent de plus en plus loin l'une de l'autre". "Il y a la France de ceux qui se sentent bien, ouverte, souvent diplômée", et "la France de ceux qui se sentent mal, des bas salaires et du chômage", a-t-il poursuivi, en lançant que cette dernière "ne perçoit que l'indifférence des puissants". Pour M. Bayrou, "il fallait une rupture sur les institutions" car "la Vème République modèle Mitterrand-Chirac est à bout de souffle", sa représentativité "dérisoire". "Si nous ne votons pas la confiance, c'est que nous ne ressentons pas de confiance".
Philippe de Villiers (MPF) : "un catalogue de mesures". Le président du Mouvement pour la France a jugé mercredi que "le Premier ministre a été contraint de proposer un catalogue de mesures au lieu de proposer une grande ambition pour la France: que les Français retrouvent la maîtrise de leur destin".
Jean-Marie Le Pen (FN) : "Des mots, des mots et encore des mots". Le président du Front National a estimé que le discours de M. de Villepin se résumait à "des mots, des mots, encore des mots. Agrémentés de quelques mesurettes de sous-secrétaire d'Etat à l'emploi". "Rien sur la famille et le grave problème démographique, rien d'autre que le discours convenu et vide sur l'immigration", a précisé M. Le Pen. "On aimerait croire au miracle. Hélas les Cent Jours débouchent toujours sur Waterloo", a conclu le président du FN.
Les réactions syndicales
Bernard Thibault (CGT) : l'appel une mobilisation le 21 juin. Le secrétaire général de la CGT a appelé mercredi, à l'issue du discours de politique générale de Dominique de Villepin, à une "large mobilisation interprofessionnelle pour l'emploi, les salaires, la protection sociale et les services publics", le mardi 21 juin. Le nouveau Premier ministre "n'a en rien pris la mesure des exigences sociales exprimées dans les mobilisations de ces derniers mois et dans le vote référendaire du 29 mai", a déploré Bernard Thibault. "Non seulement les aspirations des salariés actifs, retraités, privés d'emploi ne sont pas prises en compte mais, pire, +le cap des lois votées sera tenu+, la cadence des réformes autoritaires et inégalitaires sera accélérée", a ajouté M. Thibault.
Unsa-Education : "une fin de non recevoir"
"Malgré quelques promesses d'un vague dialogue et quelques figures rhétoriques autour du dévouement des enseignants, le Premier ministre a exprimé une fin de non recevoir aux demandes d'un collectif budgétaire pour la rentrée annulant les massives suppressions de postes et d'une véritable négociation sur la loi". "Le gouvernement d'après le référendum s'inscrit dans la continuité. L'éducation déconnectée de l'emploi ne recevra pas le budget qu'elle nécessite. La loi d'orientation sera appliquée malgré le rejet de l'ensemble des acteurs de l'Ecole.
CFDT : " Un certain nombre de mesures tout à fait contestables"
Le secrétaire général de la CFDT François Chérèque a noté dans le discours de Dominique Villepin "une volonté affirmée sur l'emploi" mais pointé un "certain nombre de mesures tout à fait contestables". Premièrement, le "contrat nouvelle embauche" dans les très petites entreprises "donne plus de flexibilité pour l'employeur mais laisse un flou dans les nouvelles garanties pour les salariés: on est plus sur la flexibilité que sur la sécurité". Deuxième mesure critiquée: "le fait que l'embauche des jeunes ne compte pas dans le calcul des effectifs des entreprises, de 10 à 50 salariés ce qui détermine la possibilité d'avoir un délégué syndical (10 salariés), ou un comité d'entreprise et délégué syndical (50 salariés), donc ça veut dire qu'on réduit le droit syndical". Enfin la CFDT récuse "la suppression des charges pour les emplois au Smic, qui crée des trappes à bas salaires".
Le Medef, des "mesures pragmatiques". "Le Premier ministre a, dans un style ferme et clair, confirmé sa volonté de mener vite et concrètement la bataille pour l'emploi", se félicite l'organisation patronale dans un communiqué. Les "mesures pragmatiques" annoncées sont "susceptibles de créer de l'emploi", estime le Medef, qui salue notamment la mise en place d'un nouveau type de contrat de travail pour les très petites entreprises et la "sanction des abus" dans le domaine de l'assurance-chômage. "Les entreprises vont faire tous leurs efforts pour les accompagner", assure le Medef, qui regrette toutefois que les questions de service minimum et de réforme de la taxe professionnelle n'aient pas été abordées par le chef du gouvernement. "Au total, l'impulsion doit être amplifiée à partir d'un programme qui apparaît utile, concret mais encore limité", conclut l'organisation patronale.
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