Durant ces longues années, Dominique de Villepin a montré une fidélité sans faille à l'égard de Jacques Chirac. © LCILe Parisien fait un calcul : "23 chiraquiens, 3 sarkozystes, 6 femmes, 1 UDF, 17 virés" et constate que "Chirac verrouille" en faisant "le choix d'un gouvernement chiraco-chiraquien" que France-Soir définit comme "L'équipe du dernier combat". "Le gouvernement Villepin est l'ultime coup de dés de Chirac", estime le journal populaire.
Pour Libération, "Chirac nomme 32 ministres mais "Sarkommence", ironise le journal dans lequel Jean-Michel Helvig souligne que "dans le ménage à trois qui régente aujourd'hui la République, c'est Nicolas Sarkozy qui porte le pantalon. Jamais un ministre n'a été aussi puissant (…) Mais croit-il qu'en 2007, si le ménage à trois tient encore, il pourra échapper au bilan global, et notamment social, de cet ultime replâtrage d'une Chiraquie à l'agonie ?". Même tonalité dans l'Humanité. Pour le quotidien communiste, Jacques Chirac et son Premier ministre "ignorent superbement le sens du vote des Français. On prend les mêmes et on recommence", formule l'éditorialiste, Pierre Laurent.
Les éditorialistes de la presse régionale sont tout aussi critiques. En région, Hervé Chabaud dans L'Union s'exclame : "Un gouvernement qui n'est nouveau que par sa taille !". "L'équipage s'est resserré, mais peu renouvelé", constate aussi Jean-Yves Boulic dans Ouest-France qui note qu' "aucun partisan du non ne figure dans ce gouvernement ce qui ne répond pas au message des urnes le 29 mai".
"Pour créer un choc dans l'opinion, il y avait sans doute mieux à faire que de reconstituer un dispositif à forte connotation chiraquienne où l'on retrouve beaucoup de rescapés du raffarinisme qui ont démontré depuis trois ans leur incapacité à faire reculer le chômage", écrit l'Est Républicain.
Dans La Presse de la Manche, Jean Levallois perçoit ce gouvernement "comme une entreprise désespérée pour sauver ce qui peut encore l'être". Alors que le Télégramme s'interroge : "qui attend des miracles de ce clan des chiraquiens auquel Sarko a fini par apporter sa caution ?". Selon Jacques Camus, le nouvel-ex-ministre de l'Intérieur "espère bien, sur les thèmes d'une nouvelle politique d'immigration, de l'aggravation des peines des multirécividstes, de la défense des victimes, s'attirer les faveurs de l'opinion et se construire un bilan avant de quitter en temps opportun le gouvernement", écrit-il dans La République du Centre.
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