Un référendum sur les OGM dans le Gers ?

le 13 juin 2005 à 16h08 , mis à jour le 13 juin 2005 à 16h34

Dans le Gers, environ 140 000 électeurs pourraient être appelés en septembre à trancher dans les urnes le débat sur la culture des OGM en plein champ. Mais le conseil général et le préfet s'opposent sur la possibilité juridique de réaliser une consultation de ce type.

OGM champ Non aux OGM Larzac © INTERNE

Première manche gagnée pour Michel Cardoze. L'ancien journaliste de l'Huma puis de France 2, rendu célèbre par ses longues moustaches, a fait de la lutte contre les cultures des OGM en plein champ son cheval de bataille. Lui et ses amis ont remis lundi au conseil général du Gers 16.312 signatures, soit 12,5% du corps électoral, dépassant sensiblement le seuil des 10% (environ 14.000 électeurs) nécessaire pour l'organisation d'une consultation sur ce sujet.

"Cet essai pratique de démocratie participative est réussi, nous n'avons pas envie de bouder notre plaisir", a souligné lundi Michel Cardoze qui est président de l'association pour un référendum gersois sur les OGM (ARGO). Il a salué la participation à la campagne de signature de la Confédération paysannne et de la Coordination rurale et a regretté l'absence de la Chambre d'agriculture et de la FDSEA. Il a aussi relevé l'aide de Sud Solidaires, des écologistes, de l'UFC Que Choisir et de la CFDT mais a déploré l'absence du Parti communiste.

"Sortir du bras de fer entre gendarmerie et organisations anti-OGM"

Initiateur du projet, le président du conseil général socialiste Philippe Martin a indiqué en recevant les signatures que l'assemblée départementale se réunirait le 30 juin pour décider de l'organisation du référendum, qui pourrait avoir lieu le 4 ou le 11 septembre. Il s'appuie sur la loi du 13 août 2004 "relative aux libertés et aux responsabilités locales" et estime "qu'il est grand temps de redonner la parole aux citoyens" sur la question des OGM.

En revanche, le préfet du Gers s'oppose à ce projet. Jean-Michel Fromion a mis en cause la capacité juridique du conseil général à réaliser une consultation de ce type. Philippe Martin soutient au contraire que l'assemblée départementale est compétente pour organiser un tel référendum local. L'élu avait lancé cette idée en septembre 2004 à la veille d'une opération de fauchage à Solomiac afin de "sortir du bras de fer entre gendarmerie et police d'une part et les organisations anti-OGM d'autre part". La délibération du conseil général du 30 juin sera transmise au contrôle de légalité au moins deux mois avant le scrutin,.

le 13 juin 2005 à 16:08
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3 Commentaires

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  • Laurence, le 13/06/2005 à 18h13

    C'est une chose qui devrait être etendue à tout le pays pour que tous les citoyens français donnent leur opinion,à ce sujet.

  • Eric, le 13/06/2005 à 17h55

    On voit bien là encore l'état au service de l'économie, avec un préfet qui défend les grosses entreprises agroalimentaires. Le préfet devrais au contraire aider à la réalisation d'un référendum. Elle est belle la démocratie ! Le vote non à la constitution n'a pas encore suffit !!! Pathétique.

  • Patrice, le 13/06/2005 à 17h08

    Je suis content de voir que le résultat des urnes du 29 mai a des prolongements.... Que les citoyens reprennent la place qui est la leur !

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