Une retraitée propriétaire du Fouquet's ?

le 28 juin 2005 à 15h21 , mis à jour le 28 juin 2005 à 22h06

Après 46 ans de procédures pour faire valoir leur héritage, Lina Renault, 72 ans, et ses deux frères revendiquent la propriété de l'immeuble parisien abritant le célèbre restaurant. Le propriétaire actuel, la Société des restaurants du Café de Paris, le conteste.

fouquets

Qui possède le célèbre immeuble parisien du Fouquet’s, avenue des Champs-Elysées ? Un groupe français d’assurance , un investisseur américain ou une banque japonaise ? Vous n’y êtes pas. Il s’agit peut-être d’une modeste retraitée de 72 ans et ses deux frères qui vivent une retraite tranquille dans un petit village de Côte d’Or. Ce conte de fées immobilier est révélé mardi dans les colonnes du Parisien.

  • Le Fouquet's n'appartient pas à Lina Renault

    La Cour de cassation a douché définitivement les espoirs de Lina Renault, une retraitée bourguignonne qui revendique depuis plusieurs années la propriété du célèbre restaurant Le Fouquet's, selon un arrêt.

    Publié le 15/05/2012 Le Fouquet's n'appartient pas à Lina Renault
  • Le Fouquet's garde le même propriétaire

    La propriété du célèbre restaurant était revendiquée par trois retraités bourguignons. La justice a tranché jeudi : l'établissement reste entre les mains des Restaurants du Café de Paris.

    Publié le 11/03/2010 Le Fouquet's garde le même propriétaire
Plus d'infos

Petite explication et surtout petit retour en arrière, au XIXème siècle où se noue l’affaire . En 1865 en effet, la richissime Octavie de Coëtlogon décède et lègue sa fortune à son deuxième mari et à un cousin germain, Mr Mauprivez. A sa mort, ce dernier cède à son tour ses biens aux grands-parents des frères et soeur Renault. A en croire Jean-Yves Sellier, un agent immobilier qui sert de conseiller à cette femme cité par le quotidien, «un arrêt de la cour d’appel de Paris en date du 20 novembre 1992 confirme parfaitement la qualité héréditaire de Mme Renault et de ses frères. Mais pas de trace de l’immeuble dans cet arrêt ».

Cet immeuble avait en effet la particularité de ne pas avoir de titre de propriété… C’est la constatation étonnante faite par Jean-Yves Sellier lorsqu’il demande en 2002 au bureau des hypothèques de Paris un état hypothécaire complet de l’habitation. Toutefois, un titre de propriété au nm des Renault, dont l'AFP a obtenu copie, a été publié au bureau des hypothèques de Paris le 13 avril dernier.

"Il y a prescription"

La Société des restaurants du Café de Paris, propriétaire de l'immeuble depuis 1930, nie que ces frères et soeur aient un droit sur celui-ci: "l'arrêt de la cour d'appel leur reconnaît la qualité de légataire universel, mais leur demande de mise en possession des biens dont disposait Mr Mauprivez de son vivant a été rejetée dans le même arrêt", selon Renaud Baguenault de Puchesse, avocat de cette société appartenant à des investisseurs internationaux. "De plus, il y a prescription. Et nous envisageons une action contre cette publication au fichier des hypothèques qui nous porte préjudice", a-t-il ajouté.

"L'apport de l'immeuble à cette société était illégal en 1930, c'était un tour de passe-passe de notaires. Sa propriété n'est donc pas établie. Par ailleurs, il ne peut y avoir prescription pour cette société commerciale", répond Jean-Yves Sellier. Celui-ci a fait rassembler les baux de la douzaine de locataires de l'immeuble, dont le groupe Barrière, propriétaire du Fouquet's, et a mandat des frères et soeur Renault pour le vendre. Le produit de cette vente est estimé à plusieurs centaines de millions d’euros. Ce serait une belle récompense à la hauteur d’un combat de 46 ans pour Lina Renault et ses frères.

le 28 juin 2005 à 15:21
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

5 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Maxime, le 29/06/2005 à 13h47

    C'est quand meme bizarre qu'au bout de temps d'année une dame se réveille et convoque la presse pour dire qu'elle est l'héritière du Fouquet's ainsi que de l'immeuble, je n'y crois pas trop, ou alors c'est une grande erreur judiciaire mais bon je pense surtout que c'est une grande escroquerie qu'on veut faire passer.

  • Sophie, le 29/06/2005 à 03h08

    Le pot de terre contre le pot de fer...

  • William, le 28/06/2005 à 20h06

    46 ans pour faire valoir ses droits, que la justice est lente ! Pendant ce temps, ces gens-là n'ont pas pu profiter de la valeur de leur bien durant leurs jeunes années, et c'est à l'article de la mort qu'on leur annonce que, enfin, le bien que des sociétés exploitaient sans vergogne depuis de nombreuses années, leur revient de droit. Incroyable ce pays : gouverné et pourri par l'argent et le pouvoir.

  • Eddy, le 28/06/2005 à 18h43

    Ben entre un gros holding puissant et de petits retraités, je parie qu'on va donner raison à la toute puissante holding... comme d'habitude...

  • Max, le 28/06/2005 à 18h08

    Ce n'est pas le seul cas dans les annales; particulièrement au cours de la seconde guerre mondiale, sous le gouvernement de Vichy.

Lire tous les commentaires

      logAudience