Rumeurs et insinuations au procès Lefort

le 15 juin 2005 à 21h06 , mis à jour le 15 juin 2005 à 21h42

L'une des membres du comité de soutien au père Lefort a affirmé mercredi ne pas avoir eu connaissance des rumeurs de pédophilie qui couraient sur le prêtre au Sénégal, dans un témoignage confus et plein de contradictions. Une autre a insinué qu'un des jeunes accusateurs se prostituait.

Lefort François prêtre Assises Nanterre © lci

Des humanitaires proches de François Lefort, jugé par la cour d'assises des Hauts-de-Seine pour viols sur mineurs, ont tenté mercredi de discréditer les présumées victimes et Moussa Sow, ex-directeur du foyer sénégalais d'enfants des rues de Rufisque où aurait sévi le religieux. Dans la matinée, l'ex-présidente de l'association humanitaire "Aimer", Fabienne Gozard, soumise à un interrogatoire serré de l'avocat général Olivier Auferil, a perdu connaissance à la barre, lors d'un témoignage entaché de contradictions.

Membre du comité de soutien au religieux, elle affirmait n'avoir jamais entendu de rumeurs de pédophilie le concernant alors qu'ils se trouvaient en Mauritanie en 1988. Rappelant qu'elle témoignait sous serment, Olivier Auferil avait trouvé cela "étrange", Lefort ayant lui-même indiqué avoir fait l'objet de rumeurs. Elle avait finalement avoué avoir entendu des rumeurs, puis perdu connaissance. 

"C'est bien le premier qui se présente comme un prostitué"

Elle avait auparavant affirmé, sans preuves, que des fonds envoyés par "Aimer" à Moussa Sow n'avaient pas été utilisés pour l'objectif prévu. Lefort accuse depuis le début du procès Moussa Sow d'être l'instigateur d'un complot l'ayant mené aux assises. La présidente Sabine Foulon : "Après que les éléments concernant M. Lefort furent parvenus à la justice, tous les fonds ont été retirés au foyer de Rufisque et M. Sow avait alors du mal à faire manger les enfants. Retirer aux enfants de quoi manger, ça pose des problèmes pour une association humanitaire!". Mme Gozard: "Je pense que s'il y avait eu des problèmes énormes, on aurait fait quelque chose".

Egalement membre du comité, Anne-Marie Couprie, 75 ans, vice-présidente d'"Aimer", se rappelle avoir organisé l'accueil en France en 1994 d'une victime présumée du prêtre, Kader L. Mme Couprie sur Kader: "Pas bête du tout, celui-là. J'ai été stupéfaite par ses capacités à ouvrir tous les tiroirs dans ma cuisine". Un soir, elle organise un dîner "de 16 personnes": "A table, Kader nous raconte : c'est bien l'amour, moi je fais l'amour, avec des blancs, avec des noirs, et même des jaunes. C'est bien le premier qui se présente comme un prostitué sans aucune gêne".

Photo d'ouverture : le père Lefort dans la salle d'audience de la cour d'assises des Hauts-de-Seine - DR

le 15 juin 2005 à 21:06
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