
Lorsque Nicolas Sarkozy a annoncé la semaine dernière à ses fidèles qu'il acceptait de reprendre des responsabilités gouvernementales, certains se sont ouvertement interrogés sur la cohérence d'un tel choix. "Que va-t-il faire dans cette galère ?" s'interrogeait un député UMP. Quel intérêt pour lui de s'associer à son rival Dominique de Villepin pour sauver la fin du mandat de Jacques Chirac ?
Pour les rassurer, le ministre de l'Intérieur leur a détaillé les raisons de sa décision et surtout promis qu'il n'entendait nullement sacrifier ce à quoi il tient le plus, "une liberté de parole pleine et entière". Cette liberté de ton, il la place au cœur de sa stratégie politique depuis trois ans. Il la croît susceptible de montrer à l'opinion que le changement est de son côté, à l'heure du choix, en 2007.
Pour continuer de s'exprimer "sans tabou", Nicolas Sarkozy va osciller dans les mois à venir entre son képi de premier flic de France et sa casquette de président de l'UMP. Dans sa discussion avec le président de la République pour son retour aux affaires, son maintien à la tête du parti majoritaire n'était en effet pas négociable.
Faire de la politique autrement
Depuis dix jours, se sachant observés à la loupe par l'opinion, les médias et jusque dans leur propre camp, l'hôte de Matignon et son ministre de l'Intérieur s'efforcent de montrer qu'ils ont laissé leurs rivalités au placard et que rien ne peut entamer la cohésion gouvernementale. Ainsi, après s'être affrontés en janvier sur les "quotas", chers à Nicolas Sarkozy, ils affichent désormais leur unité de vues sur un premier dossier, "l'immigration choisie", qui vise à attirer des travailleurs étrangers en fonction de leurs compétences professionnelles.
Le Conseil national de l'UMP, samedi à Paris, est un second test pour observer le climat au sein de la droite et l'entente au sein du tandem à la manœuvre. Face aux 1800 cadres de son mouvement, Nicolas Sarkozy va tirer à la mi-journée un bilan politique des conséquences de la victoire du non au référendum. Il devrait exposer sa vision de l'avenir pour la France et répéter son désir de faire de la politique autrement pour redonner confiance aux Français.
En chef de gouvernement et malgré l'omniprésence de son numéro deux et rival, Dominique de Villepin doit clôturer la réunion vers 16h. Il reviendra sur la bataille de l'emploi qu'il mène depuis sa nomination. La majorité aura donc le loisir d'écouter samedi deux discours, deux musiques d'un duo qui apprend, de gré ou de force, à accorder ses violons. Un duo qui sait bien que l'heure n'est pas aujourd'hui à la polyphonie.
(Image LCI : Nicolas Sarkozy, samedi matin)
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